Sunday, August 28, 2016

Classics Challenge - Paris-Reims, 180k

Le Classics Challenge est une proposition, qui diffère de toutes les courses, rallyes, brevets, etc cyclistes. Paris, point de départ d'un bon nombre de tracés mythiques au fil des ans, met à portée des villes, à 140, ou 270 kilomètres. Sur ces parcours, voici les images et les récits des 5 propositions de cette première saison du Classics Challenge, avec mon équipe, les CSP Garrigou.


Les félicitations d'after-ride admirent la vitesse ou la distance, le dénivelé positif. 177km, ce n'est pas rien. Une moyenne à quasi 27km/h, ce n'est pas mal non plus. Pré-ride, on est à Bastille, Paris, il est 7h et on se dit que la journée sera facile, le petit restaurant vers le kilomètre 100 nous accueillera un bon bout de temps et la cathédrale de Reims en fin de course pourra nous ravir les yeux avant de sauter dans le TGV.

Les 25 premiers kilomètres pour nous extirper de la ville ne sont déjà pas des plus simples. Notre groupe s'effiloche dans la circulation ardente. Mon GPS et moi-même, en tête, on désespère de nous tirer de là. Capitaine de troupe, de ceux qui sont restés accrochés à ma roue, j'ai envie de pointer du doigt l'horizon et de montrer la terre promise, une route vide au milieu des champs. L'horizon est bouché. Je donnerais des coups de coude aux voitures qui débarquent de tous les côtés, je bloquerais chaque intersection pour supprimer les options et ces ronds-points qui veulent nous perdre entre les habitations. Enfin atteinte, le soleil l'éclaire, la route vide. C'est l'euphorie, droit devant nous.

On oublie en un clin d’œil les galères de la ville. Même si notre peloton s'est divisé et qu'on en perd encore deux en chemin. On ne peut plus s'arrêter. Pourtant les discussions se tarissent juste avant Château-Thierry et on maudira le désert des si belles routes de France.

La pause déjeuner nous remet d'entrain, à l'ombre. Il reste des kilomètres à parcourir, certains s'autorisent une glace au dessert. On a bien roulé jusque là et on a besoin de se rafraîchir. Les bonnes femmes au service à la crêperie où on savoure nous admirent, et nous conseillent de reprendre le train. Le soleil ne nous prend même pas en traître ; l'après-midi sera dur.

Strava devrait se souvenir de ces données-là, de la météo brillante pour un jour de vacances, des vacances qui se terminent pour la plupart. Je les imagine, une dernière fois les pieds dans le sable brûlant, courant jusqu'à l'eau, soulagés de la trouver froide. La crème solaire dégouline le long de nos joues. Sous le casque, la casquette tient chaud, protège aussi des brûlures. La canicule tient tout le monde enfermé, ou alors ils sont encore à la mer. Personne pour nous ouvrir un robinet. Les cimetières, refuges des cyclistes assoiffés, ne sont que militaires : des rangées de croix alignées, pas une fleur à nourrir, pas de robinet salvateur. Les morts ont déjà bossé pour nous, il ne faut pas leur en demander encore. Dans notre groupe, on évoque la pastèque ; bouche desséchée, on ne salive pas.

Les 80km de l'après-midi feront baisser la moyenne. La distance sera bien celle prévue, la douleur plus forte. La bière à l'arrivée noyée dans douze carafes d'eau. Sales et transpirants, on reprend le train heureux. Comme on a oublié la circulation en sortant de Paris, on oublie nos moments de doute. Paris-Reims, 177,2km, à 26,7km/h, 1297m de D+... 37°C.






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