Saturday, February 18, 2012

Goudemalion, aux Arts Décoratifs

Jean-Paul Goude fête cette année ses 72 ans et quasiment 50 années de carrière. On le connait pour ses œuvres graphiques, en photo, illustrées, ou vidéo, et pour les figures qu'il a contribué à diffuser, ses muses: Grace Jones, évidemment, Radiah Frye,... Il a aussi dernièrement mis en scène dans ses photographies la jeune icône mode Tavi, ou, plus proche de nous, Vanessa Paradis, Laetitia Casta. Son nom est associé avec l'idée du pygmalion, d'où le nom de cette exposition qu'il a lui-même montée, Goudemalion, au Musée des Arts Décoratifs de Paris.

L'exposition n'est pas bien grande, mais elle est extrêmement dense. On y pénètre par le vestibule d'abord, où une immense locomotive repose sur un tapis riche d'ocres et de rouges. Tout autour, les idées, les dessins, les photographies du Défilé du Bicentenaire de la Révolution Française, demandé à Jean-Paul Goude par Jack Lang, alors ministre de la culture, en 1989. Ses ethnies défilent sur les Champs-Elysées, malicieuses et aussi structurées que des milices. Des vidéos, au sol, entourent la locomotive qui a elle aussi remonté la célèbre avenue, pour montrer les nombreuses idées de Jean-Paul Goude, sa manière de les réaliser, et, évidemment, le fameux défilé. Au bout du vestibule, un de ses costumes est porté et s'expose sur un mannequin vivant qui valse.



De part et d'autre du vestibule, deux couloirs, côté Rivoli, et côté Tuileries, plongent le visiteur dans une ambiance sombre, qui résonne de musique rythmée de tambours, celle des publicité réalisées pour Kodak, avec ces fameux baigneurs en maillots de bain rayés et palmes.


Côté Rivoli donc, ce sont six grandes installations, dans six pièces, qui subliment le travail de Jean-Paul Goude en reprenant les principales étapes de sa carrière. On est soudain plongé dans le métro parisien, chaotique, furieux et bruyant, où sont affichées les campagnes pour les Galeries Lafayette; en tête à tête avec le visage anguleux de Grace Jones,...

  
De l'autre côté, longeant les Tuileries, c'est une chronologie plus régulière qui présente, au fil des salles, tout le travail de Jean-Paul Goude, depuis des dessins délicats en passant par ses nombreuses publicités télévisées, ses découpages,... Chaque pièce est toujours rythmée par la musique omniprésente, et l'obscurité de laquelle surgissent les œuvres les rendent plus fortes.


Vous ne vous promènerez peut-être dans l'exposition qu'une heure environ, pensez à prévoir les autres galeries pour ne pas retourner à la rue de Rivoli trop brutalement. Il n'y a finalement "que" 420 œuvres présentées, mais l'ambiance est irréelle, hors du temps, et il ne faut pas se faire jeter sur le trottoir aussitôt l'avoir parcourue.


Les extraordinaires influences - multi-culturelles, mode, colorées, féminines, retouchées, etc - de Jean-Paul Goude transparaissent dans cette exposition, magistralement orchestrée, mais aussi son impact dans le monde visuel français. Nous avons tous, depuis des années, vu, respiré, admiré son travail sans forcément mettre son nom derrière chaque image, et cette exposition, qui regroupe bon nombre de ses lumineuses idées, est une mine d'inspiration et de richesse créative.



aux Arts Décoratifs de Paris
107, rue de Rivoli - 75001 Paris
jusqu'au 18 mars 2012

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