Wednesday, March 7, 2012

Extremely loud and incredibly close, de Stephen Daldry

Oskar est un petit garçon spécial, à l'intelligence développée, super-actif, anxieux aussi... Son père canalise cependant ses énergies en l'aidant à appréhender le monde. Lorsque les évènements du 11 septembre 2001 arrivent, Oskar est seul chez lui; sa mère revient du travail, le plus rapidement possible; son père, lui, est dans les tours qui vont s'effondrer. Un an après ce "worst day", Oskar n'a pas fait son deuil et redoute le jour où le souvenir de son père va s'effacer. Il pénètre pour la première fois depuis sa mort dans son dressing, à la recherche de sa mémoire. Par inadvertance, il découvre une clé, dissimulée dans un vase bleu. Il se met alors à la recherche de celui qui pourrait lui en dire plus sur la serrure qui attend cette clé, dans le plus grand secret, à grand renfort de cartes, de méthodologie, et parcourant New York à pieds.


D'abord, oui, j'ai préféré le titre en version originale plutôt que le titre français, Extrêmement fort et incroyablement près. Les mots me semblent plus emplis de sens en anglais, notamment ce loud, qui se rapporte à la particularité d'un enfant voyant le monde différemment. Les évènements du 11 septembre? La perte d'un père? Ce sont, dans le film, des ficelles pour faire pleurer dans les chaumières. La partie qui m'a tenue est celle qui aborde la phobie de ce gamin pour le monde qui l'entoure. Par des plans proches de cet enfant, et une caméra placée à sa hauteur, par le jeu strident parfois du son, jusqu'à l'énervement d'entendre sans cesse carillonner ce tambour qu'il agite pour se calmer, et qui a l'effet contraire sur les nerfs du spectateur, on découvre un univers terrifiant, fait de dangers à surmonter à chaque instant. Traverser un pont, voir une personne courir, aborder un inconnu, chaque geste devient un défi à relever. Toujours au même niveau d'intensité, la force de la peur a tendance à stresser considérablement le spectateur; c'est cependant l'état perpétuel dans lequel vit Oskar, et il n'y a pas d'autre moyen de le communiquer qu'en en faisant des tonnes.


Pour contrebalancer l'effet boule de nerfs, toute une autre partie du film se consacre donc aux mignonneries. Quelques flashbacks montrent l'amour d'un père, et l'adoration du fils. Tom Hanks a le profil parfait pour ce genre de rôle, et cumule les poses mièvres. Évidemment, vu à travers les yeux d'Oskar, c'est justifié. Mais agaçant au possible. De toute manière, les histoires de gosses ne me touchent généralement pas. Les sentiments sont généralement simplifiés, et Exremely loud and incredibly close ne fait pas exception à la règle. Tout est facilement blanc ou noir dans le monde d'Oskar - et plus souvent noir, alors que son père brille puissamment en comparaison. En parallèle de ce manichéisme, on prête au personnage de l'enfant une intelligence démesurée pour son âge, forcément déstabilisante pour les adultes, renvoyés devant le miroir à contempler tristement ce qu'il est advenu d'eux avec les années.


Je ne sais donc pas si vous trouverez votre bonheur, entre la profondeur extrême voulue du sujet, et la forme enfantine de le traiter. J'ai moi-même été peu convaincue, même si la fin du film, avec une mère qui intervient enfin, incarnée en retenue par Sandra Bullock, fait pencher la balance dans le positif.



Extremely loud and incredibly close
de Stephen Daldry
avec: Tom Hanks, Thomas Horn, Sandra Bullock,...
sortie française: 29 février 2012

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