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Friday, June 16, 2017

#BornToRide2017 - 1163km, 15980D+

Xavier m'a rappelée que c'était à l'occasion du #Festive500 que je lui en ai parlé. Il m'a prise pour une folle et il a signé. La #BornToRide, c'est une aventure plus qu'une course. Certains y vont en mode détente, d'autres ne dorment que deux heures en tout et pour tout. Les premiers arrivés, comme les derniers, ne tentent pas d'aller plus vite les autres. Ils se dépassent eux-mêmes. 1200km et pour cette édition 2017, cinq cols. Traverser l'Allemagne, la Suisse, l'Italie. Et rajouter quelques lacets de montagnes sur la route.

Six mois avant, je savais que j'y participerai. Je me suis entrainée : un #BRM300, un #BRM400, trois jours à Aix en Provence. Mais qu'est-ce qui prépare vraiment à de telles ascensions, quand on a commencé le vélo moins de deux ans auparavant et qu'on n'a que les bosses de la Chevreuse pour apprendre à grimper ? Dans les deux semaines précédant le départ, je n'ai jamais douté que je roulerai ; j'étais moins certaine de tenir le plan qu'on s'était donné, trois jours pour 1200km. Un objectif irréalisable qu'on peut toujours tenter d'atteindre. Je n'envisage pas tous les scénarios possibles ; je fonce, les questions informulées forment une boule dans mon ventre. Un paquet pas léger d'appréhensions et d'excitation. Les réponses viendront sur la route.

La boule a disparu dans mon ventre. Je me suis allégée au fil des kilomètres, débarassée de mes doutes. Chaque checkpoint me relançait. Il y avait d'autres montagnes à conquérir, des copains sur la route, pour partager quelques kilomètres, avant de se perdre et de se retrouver, peut-être, à la prochaine pause.
J'ai manqué d'énergie, sur des pentes à moins de 3% qui m'ont rendue folle de rage pendant des dizaines de kilomètres (ou sur l'avant-dernier seulement). Je n'ai pas réussi à cacher mes défauts, mon incapacité totale à faire du sur-place (désolée les garçons). J'ai pleuré sur un genou décédé, mais décédé à l'arrêt seulement. La solution pour arrêter la souffrance, c'est de rouler. Et tout s'envole. Le vélo, la route, la chaleur, les questions. Avancer et retrouver les sourires et la confiance indéfectible. Impossible de prévoir trop en avant, on sait simplement qu'on y va, à coup sûr. Tout d'un coup, c'est le dernier jour, et il ne reste que quelques dizaines de kilomètres. 

Je n'ai pas encore récupéré le sommeil en retard, mon corps me demande toujours une pizza ET un plat de pâtes en guise de dîner, une bière légère me monte à la tête. Mes peintures de guerre, mes traces de bronzage sur les mains et mon visage bicolore donnent à chacun une occasion de rire et pour moi, de reparler de l'aventure. Je ne peux rien annoncer d'autre que quelques superlatifs, des chiffres irréels qui ne rendent pas compte de ce qu'on a vécu, nous, la centaine de fous entre le Mont Sainte Odile et l'Aigoual. Ce n'est pas avec ça que je vais apprendre à apprécier les descentes. La boule revient dans mon ventre. Je vais avoir besoin de repartir bientôt.

https://www.instagram.com/p/BVG6a5zl0Hl/?taken-by=fannybens

1 comment:

Flous Cyril said...

Très beau rapport, ça fait envie, bravo encore !