Wednesday, January 15, 2020

Untitled

8%, vertigineux vu d'en haut ; la descente me crispe. Tout droit, ca va trop vite, dans les virages, j'appréhende mille dangers qui m'attendent au tournant. 

J'adore grimper. Plus l'effort est long, plus je me réjouis. Chaque virage est une victoire, le paysage qui se révèle, une récompense. Parfois aussi, le décor m'indiffère. Concentrée sur l'effort, je ne pense qu'à tirer, pousser, tirer, pousser. Je ne vois que les deux mètres devant ma roue, deux mètres douloureux ; je relève la tête, la pente n'a pas bougé. Des panneaux égrènent ma lente ascension. Sommet à 4km ; j'avais espéré en zapper un, passer si vite que je ne l'aurais pas vu. Le pourcentage annoncé me fait sourire, la bonne blague ; c'est possible d'accentuer encore le dénivelé ? C'est ce que je m'étais demandé déjà au précédent panneau. Enfin, le sommet. Pied à terre, je respire. Pour moi, le pire est à venir.

Thursday, August 29, 2019

#ParisBrestParis2019 - 1225km, 11300D+, 55h de selle/66h30min

6000 cyclistes sont au départ du Paris-Brest-Paris, mythique randonnée de l'Audax, ce mois d'août. La distance ne m'est pas inconnue mais le Paris-Brest-Paris demande un engagement d'une année, pour caser les 4 BRM nécessaires à l'inscription dans les mois qui précèdent, et un de plus l'année précédente. La préparation est longue, l'organisation lourde, mon bilan personnel, confus. Je reste tiraillée, entre gratitude infinie pour tous les encouragements du bord de route, et agacement de me voir considérée comme une bête de foire ; le rythme des checkpoints découpe en distances abordables le long périple, et oblige aussi à subir des arrêts imposés. La nourriture, les partenaires de route, la route elle-même, tout est sujet à compliments et à critiques. Le Paris-Brest-Paris n'est pas aussi clair et limpide qu'une aventure Chilkoot, pas aussi difficile sur le papier et pourtant si chaotique, qu'il se charge d'autant d'émotions. Impossible de faire la clarté sur cet évènement. Je ne vous parlerai donc que de l'obscurité, de la fatigue.

Friday, June 14, 2019

#RavitoBornToRide2019 - 920km, 13000D+, 47h de selle/69h

Mardi, 8h, je sors de chez moi et me retrouve devant le supermarché fermé. Inventaire ? Je suis toujours dans le mouvement et Paris dort encore. A cette heure-ci, j'aurais du me trouver sur la route, à environ 150km de Ramatuelle, ou de Draguignan, où je prévoyais de scratcher, de quitter la course pour attraper mon train. Je ne m'attendais à rien, j'espérais certaines choses. Rien de tout ça n'est arrivé. J'ai validé les checkpoints, les 4 premiers, dans l'ordre : Besançon, Gruyère, la Sacra di San Michele, Château Queyras. J'étais loin de mes prévisions, mais toujours dans mes marges, si je continuais à rouler, sans m'arrêter. Encore un orage, encore plus violent. En voiture alors, capitaine Joseph à la barre, pour secourir des naufragés de la route, coincés derrière des coulées de boue, arrêtés par la grêle qui reste au sol comme de la neige, à partir de ce moment, lorsque je suis revenue sur mes pas, la course s'est arrêtée.