Wednesday, December 2, 2009

L'imaginarium du Dr Parnassus, de Terry Gilliam

Le Dr Parnassus est un homme joueur; son adversaire le plus redoutable est le Diable lui-même et leurs jeux absurdes ont mené le Dr Parnassus à vivre plus de mille ans, à connaître l'amour et de faire perdurer cet amour décédé par sa fille Valentina, portrait de sa mère. Toutes ces opportunités ne sont pas sans contreparties; Valentina approche de ses seize ans, et son père pourrait bien être obligé de la laisser aux mains du Diable lui-même à la date fatidique de son anniversaire. Évidemment, le Diable, plein de malice, envoie en la personne de Tony l'espoir d'une nouvelle chance pour le Dr Parnassus. Ce dernier pari est une collecte d'âmes, qui passent entre les mains du Diable ou retournent à la vie après être entrées dans le théâtre du Dr Parnassus; l'attraction de foire qu'il tire sur son chariot permet à celui qui passe de l'autre côté du miroir d'entrer dans son imaginaire et le met devant un choix, celui de la facilité ou celui de la réalité...


Il est bien difficile de résumer le dernier film de Terry Gilliam tant son écriture est proche de celle des surréalistes. Certains y verront une dérive, une incapacité à suivre un fil rouge, d'autres se laisseront emporter par l'imaginaire et un univers qui, suivant les sinuosités d'un esprit, est donc, par définition, subjectif et saute d'une image à une autre comme du coq à l'âne. Terry Gilliam a su jouer de ces incroyables entrelacs de chimères pour ne pas laisser sombrer son film à la mort de son acteur principal, Heath Ledger. Chaque fois que Tony passe de l'autre côté du miroir, c'est un autre acteur qui l'incarne, qui transforme Tony en un produit onirique. Et chacun des acteurs qui devient Tony, Johnny Depp, Jude Law, Colin Farrell enfin, sait respecter le jeu de Heath Ledger, reprendre son personnage sans écraser l'acteur. Chacun incarne une facette de Tony, personnage amnésique et menteur.


Le Dr Parnassus quant à lui, vieil homme alcoolique, qu'on sent avoir été déraisonnable et immodéré, est merveilleux de lassitude, de renoncement et de culpabilité pour avoir entraîné sa propre fille dans sa déchéance. Mais il regorge aussi d'éclairs d'espoir, d'amour pour sa fille et de perspectives positives pour sa fille Valentina. Le Diable, auquel il s'oppose, appelé ironiquement Mr Nick, est parfaitement interprété par Tom Waits, d'une nonchalance et d'un désabusement rares.


Il faut savoir se laisser envouter, pour saisir les fantaisies de Terry Gilliam, son décor de carton-pâte qu'il préfère à la surenchère d'effets spéciaux trop lisses. Son histoire est, comme ses paysages, un peu folle, démesurée surtout, à la hauteur du grand film qu'il souhaitait réaliser.


L'imaginarium du Dr Parnassus
de Terry Gilliam
avec Heath Ledger, Lily Cole, Christopher Plummer,...
sortie française: 11 novembre 2009

3 comments:

TheOldCuban said...

Viens de revoir le Blu ray du Baron de Munchausen, la lecture de ta critique va me faire foncer voir Dr Parnassus ! merci Fanny !

Anonymous said...

C'est de la daube.

fannynours said...

@TheOldCuban >
Tu me diras ce que tu en auras pensé!!

@Anonymous >
J'aime bien, c'est constructif :D