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Tuesday, December 3, 2013

Raymond Depardon: un moment si doux, au Grand Palais

Raymond Depardon présente dans cette exposition une rétrospective en couleur de ses photographies, depuis ses débuts dans les années 60 jusqu'à aujourd'hui. L'exposition se concentre donc sur la couleur, qui représente pour le photographe la joie, même lorsqu'il est plongé au coeur des guerres. De Beyrouth au Chili, de la France profonde à Paris, de ses première photographies à ses derniers travaux, 150 photographies de Raymond Depardon sont exposées au Grand Palais.

J'aime énormément le travail de Raymond Depardon. Je ne sais pas pourquoi, ses photographies me touchent, sans doute parce qu'il possède une vision très cinématographique du quotidien. Il ne met pas en scène, et attend patiemment l'image; et de son attente résulte quelque chose de spontané, sous le meilleur angle à son oeil aguisé. Il y a aussi sa vie qui me fascine: jeune homme, il quitte la ferme et la campagne, par amour de la photographie. Il aurait pu se planter. Mais Raymond Depardon a du talent. Il travaille comme photographe de guerre, vit et voit des évènements difficiles. Son regard est cependant apaisant.


Je n'ai pas mis comme visuel une photo très représentative de l'exposition. Elle est en noir et blanc, pour commencer, c'est juste que je ne l'ai pas trouvé sur le net en couleurs. C'est un recadrage sur le regard de cet homme, capté au Chili en 1979, sans doute une de mes photographies préférées de l'exposition. Derrière l'homme, il y en a deux autres, qui posent tous ensemble sur une autre photo, de front. Le travail de Raymond Depardon en Amérique du Sud est celui qui me touche le plus.


Après, il y a aussi tout le reste, que j'aime. Les photos de Depardon sont des évidences, et elles sont pourtant capturées par lui et nul autre. Son travail respire la patience, quand aujourd'hui, on se précipite pour shooter au numérique, aussi vite qu'un footballeur tape dans un ballon. Ok, la métaphore est à mille lieux de l'art, mais elle me semble assez parlante. Dans l'exposition, on voit plusieurs clichés d'une jeune fille, assise dans la rue et entourée de ses quatre chiens. Le temps qu'une de ses amies arrive, puis reparte, Raymond Depardon pose son appareil, trouve un angle, celui qui lui semble le bon, prend ses clichés. Il ne prend pas qu'une seule image, volée; il tourne, observe, soupèse, et réfléchit.


L'exposition semble un peu courte, malgré ses 150 clichés. En moins d'une heure, j'en avais fait le tour. Peut-être est-ce parce que j'aime tellement ces photos que j'aurais voulu y passer encore plus de temps. En tout cas, ce que j'ai déjà pu admirer va me hanter encore très longtemps.


Raymond Depardon: un moment si doux
au Grand Palais
jusqu'au 10 février 2013

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