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Sunday, January 22, 2017

La La Land, de Damien Chazelle

Los Angeles, city of stars... c'est du moins ce qu'espère Mia derrière son comptoir de café. Elle vendrait son âme pour obtenir un rôle dans cette ville qui la fait languir. Sebastian, lui, rêve de réhabiliter sa passion, le jazz, dans un club mythique laissé à un combo étrange de samba et de tacos. Ils se croisent, se rencontrent et s'inspirent ensemble pour trouver le juste milieu entre leurs rêves et leurs vies, sans renoncer à la magie.


Damien Chazelle, réalisateur de Wiplash, réunit Ryan Gosling et Emma Stone, déjà en parfaite harmonie dans Crazy, stupid, love pour un film musical ; le trio a enflammé les critiques américaines et comme d'habitude, je me méfie des avis unanimes. Depuis mercredi dernier et une avant-première de toute beauté dans la salle 1 du Gaumont Marignan (hautement recommandée), j'ai envie de chanter dans la rue et de danser des claquettes. Le premier qui me chante une sérénade, je lui tombe dans les bras. L'effet La La Land.


C'est arrivé à tout le monde de se croire dans un film, les écouteurs sur les oreilles, de sautiller légèrement plutôt que de marcher dans un petit rayon de soleil qui ressemble à celui d'un projecteur, braqué sur nous, effaçant le monde autour. Ce ne veut pas dire qu'on se met à faire des cabrioles dans la rue, mais dans nos têtes, c'est tout comme. La La Land permet à Mia et Sebastian et tous les autres de vivre, dans leur réalité fictionnelle, cette sensation. Sensation agréable ; le film donne la patate exactement de la même manière.


La caméra en donne plein la vue dès la scène d'ouverture, une chorégraphie filmée en plan-séquence hurlant technicolor et qui m'a rappelé la virtuosité d'Alejandro González Iñárritu. Damien Chazelle saute gentiment de cette maestria tape-à-l’œil, parfaite dans les scènes dansées, de pure comédie musicale (gros plans plans sur les pieds et les mouvements, lumières qui se concentrent sur le personnage principal et s'éteignent aux alentours,...) et l'économie de moyens. Pas d'effet spécial inutile, la simplicité prime : une 'banale' histoire d'amour, de la détestation à l'union, un coucher de soleil,... il en faut peu. Pour contrebalancer, il y a Los Angeles et ses clichés, ses belles voitures, ses fêtes démesurées.


La La Land, c'est cet équilibre parfait, entre deux comédiens, des univers, des espoirs et leurs réalisations ; c'est comme si Damien Chazelle concrétisait tout ce qui se passe au fin fond de notre imagination, et permettait à ses personnages de vivre nos fantasmes fragiles. En leur permettant d'assumer leurs rêves, les nôtres semblent moins lointains, peut-être même aurions-nous le courage de leur donner une chance.


La La Land
de Damien Chazelle
avec : Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend,...
sortie le : 25 janvier 2017

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