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Monday, October 14, 2013

Alabama Monroe, de Felix Van Groeningen

Didier et Elise se rencontrent, s'aiment aussitôt. Quelques années plus tard, leur petite Maybelle est atteinte d'un cancer. Tant qu'elle se bat contre la maladie, Didier et Elise restent unis, dans leur combat, dans la musique dont ils vivent tous les deux, de la bluegrass country au milieu de la Belgique.

Un film qui vous fait écouter, avec bonheur, de la country (pour rappel, comme la décrit Didier dans le film, un banjo, une guitare, un violoncelle, etc... des cordes, et des voix, en acoustique. Je ne sais pas vous, mais ça ne me fait pas rêver), un film qui raconte l'Amérique en Belgique, c'est très fort. Alabama Monroe jongle avec beaucoup de brio entre la tristesse et le bonheur. Le film est construit en deux parties: la maladie de Maybelle et la rencontre de Didier et d'Elise s'entremêlent d'abord jusqu'à l'issue du cancer de la petite fille, et l'accouchement d'Elise. Dans une seconde partie, les deux parents continuent à vivre, après la maladie, et l'histoire s'accélère en montrant en parallèle la fin de la relation entre Didier et Elise, devenue Alabama.


Ce mélange des temporalités ne nuit absolument pas à la compréhension du film. On identifie très facilement chaque période grâce au grand talent des deux acteurs principaux, heureux et insouciants, combatifs et responsables, perdus, fous. Ce montage est absolument bluffant, incroyablement bien pensé. Je me demande d'ailleurs si le film a été écrit de cette manière, ou s'est construit ainsi sur le banc de montage.


J'ai un souci, peut-être extrêmement personnel et pudique, avec le point de départ du film: la maladie, et la perte d'un enfant. Le pitch rappelle celui de La guerre est déclarée, où Valérie Donzelli et son compagnon Jérémie Elkaïm faisaient face à la maladie de leur gamin. Vérité et fiction se confondaient dans ce film au traitement absolument en-dessous de celui d'Alabama Monroe. Néanmoins, j'éprouve de la réticence à me laisser embarquer dans un scénario sur lequel on n'a pas autre choix que de s'apitoyer.


Si on enlève le montage ingénieux, et le jeu de Johan Heldenbergh et de Veerle Baetens, il ne reste que des chansons et un enfant qui meurt, de quoi faire sortir les mouchoirs trop facilement. Felix Van Groeningen a su cacher ces ficelles derrière sa magnifique mise en scène... n'empêche, en y repensant, le sujet me gêne.


Alabama Monroe
de Felix Van Groeningen
avec: Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse,...
sortie française: 28 août 2013

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