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Friday, June 15, 2012

Sur la route, de Walter Salles

Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes. 



Le roman de Jack Kerouac, supposé inadaptable, enfin au cinéma. Walter Salles a choisi de montrer les quelques mois de Sal, écrivain victime du syndrome de la page blanche, balloté entre New York et San Francisco par sa génération beatnik, qui écoute du jazz dansant, se drogue joyeusement en groupe, et ne tient pas à se fixer où que ce soit, ni avec qui que ce soit.. Je souhaite d'abord faire une confession: malgré mon coup de cœur pour cette époque, tout comme pour tout ce qui tourne autour d'une jeunesse en plein rêve artistique, pour les États-Unis en général, jamais je n'ai réussi à terminer le roman de Kerouac. L'écriture y est trop déconstruite, le personnage principal n'y est pas charismatique. Évidemment, tous, autour de lui, compensent les défauts de Sal. Mais n'empêche, associé à ce style si particulier de Sur la route, je n'ai jamais lu le roman en intégralité.


Le film de Walter Salles est une adaptation qui met au goût de tout le monde les écrits de Kerouac. On peut le lui reprocher, car on attendait du film la même énergie, la même force du jet inspiré. La construction du film est classique, banale, déstructurée seulement par ses erreurs de scénario. On ne passe pas tant de temps sur la route que dans des villes, dans de petits appartements, ou, éventuellement, quand on se déplace, dans l'espace confiné d'une voiture. Où est la liberté, l'air frais du roman de Kerouac? Certainement pas dans la chambre d'enfant de Sal, où il se retrouve bien trop souvent, à attendre, bêtement, l'inspiration devant sa machine à écrire.


Et les défauts du Sal de Kerouac sortent comme décuplés par l'image triste du film de Salles. Sal est un suiveur, un type sans intérêt et dont la seule réussite est de se trouver des amis formidables. Il ne leur propose jamais rien, attend qu'ils sonnent à sa porte et l'emportent dans des aventures. Sans charisme, il est pourtant adoré de Dean notamment, le type génial par excellence - dans le bouquin. On se demande bien ce que Dean trouve à Sal, pour le rappeler, et pour avoir envie de l'emmener partout, et même dans son lit à partager sa petite amie. Les seconds rôles, celui de Dean, mais tous les autres aussi, sans exception, se devaient d'être incroyables, pour compenser la banalité de Sal. Il n'en est rien: Dean et ses copains sont aussi insipides que Sal.


Le film n'a donc aucun style, quand le livre, qu'on l'aime ou pas, possède une vraie originalité; les personnages sont fades et le temps passé sur la route est anecdotique. Il n'y a qu'à voir aussi le temps mis à publier cette critique, que j'avais oubliée dans un coin tellement le film est banal, pour comprendre le peu d'impact qu'aura le film de Walter Salles comparé à celui qu'a eu le roman de Kerouac.


Sur la route
de Walter Salles
avec: Sam Riley, Garrett Hedlund, Kristen Stewart,...
sortie française: 23 mai 2012

3 comments:

Adrien Grolée said...

"Sal est un suiveur, un type sans intérêt et dont la seule réussite est de se trouver des amis formidables." Tu as très bien verbalisé l'impression que m'a fait le livre. Apparemment, avec ce que tu me dis, le film est fidèle au livre. On devrait enlever Sal et laissé Dean. Ca serait amplement suffisant.

Fanny said...

Haha, ce serait tout de même un peu radical... Dans le bouquin, au moins, Dean est charismatique; dans le film, même pas!

Fanny said...

ps: tu as écouté ceci http://www.nowatch.net/2012/06/remixjobs-8-monteur-video/ ? Eclairant sur notre métier!