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Monday, March 7, 2016

The revenant, d'Alejandro González Iñárritu

Sur le territoire américain encore sauvage, des Indiens fondent sur des trappeurs. Seule une poignée d'hommes en réchappent. Guidés par Glass, un occidental qui a vécu parmi les Indiens, ils avancent toujours traqués. Pendant leur fuite, Glass est attaqué par un grizzly et les siens le laissent derrière eux.


Après avoir encensé, adoré Birdman, la barre était haute pour ce film d'Iñárritu. Un film à spectacle, Di Caprio oscarisé, une performance de plus de 2h30min... C'était intriguant mais pas d'emblée acquis à mes yeux. J'ai donc attendu que la foule s'éloigne des salles, profité d'un jour de semaine pour m'installer dans mon fauteuil favori au Max Linder. C'est dire si j'avais envie d'aimer ce film. L'écran, et le son du Max Linder, c'est pile ce qu'il faut pour rendre justice aux images incroyables de The revenant. Les paysages sauvages, glacés, les éléments déchainés sont une bonne matière de base pour faire dans le sublime. Iñárritu a en plus le génie de poser sa caméra à des endroits inattendus ; il s'approche des hommes au plus près tout en les perdant dans l'immensité. Cette proximité avec l'humain n'empêche en rien de donner à la nature la plus grande place. 


Pas hostile par volonté, mais elle-même, c'est-à-dire inadaptée à ces colons plus barbares qu'elle, cette nature joue un rôle à part entière. Il y a dans les plans d'Iñárritu un peu de Terrence Malick : il écoute les arbres soupirer, il capte la grâce d'un rayon de soleil gelé, sans cette évanescence mystique de Malick. Alors que je ressens les images de Malick comme de vaines et vides illustrations, celles d'Iñárritu construisent un personnage omniprésent et essentiel au scénario.


Dans cette histoire, Di Caprio n'est pas le seul à briller. Tom Hardy, concupiscent et vil, Domhnall Gleeson, droit dans ses bottes, Will Poulter qui apprend à être un homme à la dure, ou même l'ours, tiens, il n'y a pas un personnage qui ne possède pas un bagage qui se lit dans les gestes, les regards et les décisions, tout cela sans que des grands discours ne viennent polluer l'extraordinaire clarté des images.


Bon, reste humble, Iñárritu, je ne suis pas aussi enthousiaste qu'après avoir vu Birdman, je n'irai peut-être pas revoir The revenant quatre fois dans l'année. En même temps, on ne pas pondre un chef-d’œuvre à chaque fois, un grand grand film, c'est déjà pas mal.


The revenant
d'Alejandro González Iñárritu
avec : Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson,...
sortie le : 24 février 2016

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