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Monday, August 4, 2014

Jimmy's hall, de Ken Loach

Au début de la guerre civile en Irlande, Jimmy Gralton s'exile aux Etats-Unis. Dix ans plus tard, en 1932, il revient sur sa terre natale, retrouve sa mère, ses amis, son ancien amour de jeunesse... Poussé par les jeunes de cette petite communauté, il rouvre un Hall, un lieu associatif où chacun peut enseigner et apprendre, et qui se transforme en lieu de fête le soir. Comme à l'époque, le clergé local prend mal ce trop joyeux et bruyant retour.

Ken Loach aime les personnages engagés pour le bien social. Sa réputation, après Le Vent se lève (Palme d'or 2006) ou d'autres films que j'ai pu chroniquer (La part des anges, Route Irish,...), n'est plus à faire. Pour ce qu'il annonce comme son dernier film, le réalisateur britannique joue fortement de son aura et oublie d'expliquer le contexte irlandais, l'engagement communiste de son héros... Jimmy Gralton était effectivement un activiste communiste, qui termina sa vie déporté aux Etats-Unis, sans même un procès. Mais de communiste, on ne voit que son plaisir à réunir les gens qu'il aime et leur offrir une éducation par des bénévoles. Tout le reste n'est que supputations et déclarations venimeuses du Père Seamus.


Ce dernier personnage est le seul à s'opposer à Jimmy. Il a certaines justifications, qu'on ne peut pas accepter aujourd'hui, certes, mais qui à l'époque, n'étaient pas dépourves de sens. Il est dans le film l'unique ennemi de Jimmy, ses soutiens n'étant que des anonymes. Du côté de Jimmy, il y a les jeunes, les avant-gardistes d'antan; ceux qui aiment s'amuser mais aussi apprendre. On ne peut donc pas comprendre l'opposition à Jimmy; Ken Loach l'aime trop et l'entoure de trop de gens biens. Et si on ne s'interroge pas sur l'intégrité de Jimmy, si on ne doute jamais du héros, s'il n'a pas la moindre faille... on ne peut pas s'y attacher vraiment.


Les rebondissements du film, qui mettent Jimmy en danger, ne font jamais peur; le réalisateur est trop attaché à son personnage pour qu'on croit réellement à une issue fatale. Et sans peur, pas d'attachement réel.  Sans attachement, on ne croit pas non plus à son charisme. Et s'il n'arrive pas à prouver son indispensable présence à sa petite communauté, pourquoi s'en faire de son départ, de sa déportation?


D'un seul personnage mal défini, s'enchaînent les catastrophes scénaristiques, improbables, inconcevables... Je ne peux pas croire que Ken Loach terminerait sur une aussi ennuyeuse note.


Jimmy's hall
de Ken Loach
avec: Barry Ward, Simone Kirby, Andrew Scott,...
sortie française: 02 juillet 2014

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