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Tuesday, October 2, 2012

Mortem, d'Eric Atlan

Jena roule dans le brouillard. Personne ne semble croiser sa route. Elle s'arrête finalement dans un étrange hôtel, où les deux hôtesses lui laissent les clés de sa chambre en lui annonçant qu'elles-mêmes partent en congés. Dans sa chambre, dont elle ne peut plus sortir, Jena découvre une femme qui la suit depuis la route, et qui déclare être son miroir, son âme.


Du noir et blanc très travaillé, tout en nuances de gris, quasiment un seul et unique décor, cinq acteurs, et un réalisateur qui endosse tous les rôles: co-producteur, co-scénariste, cadreur, directeur de la photographie, co-compositeur, monteur,... Eric Atlan s'investit à 100% dans ce film. J'ai eu l'occasion de le découvrir en avant-première et en présence du réalisateur, dans un contexte très décontracté, ce qui m'arrange en tant que non-journaliste mais professionnelle de l'audiovisuel; j'ai pu discuter, et non pas interviewer, avec Eric Atlan sans avoir la pression de trouver des questions pertinentes ni que lui ait l'impression de devoir se vendre ni de se défendre.


C'est d'autant plus compliqué ensuite d'écrire du mal du film vu. Je n'ai pourtant pas été engagée dans le scénario, qui dissimule d'abord vainement la mort de l'héroïne et la présence de son Âme derrière elle. Jena met un temps fou à se rendre compte qu'elle est en vérité dans une sorte de purgatoire, pas tout à fait effacée de la surface de la terre, mais bien décédée pour ceux qui ont bien du croiser son corps, sa moto tombée sur la route. Le spectateur, lui, sait dès le début, que Jena est morte, et se doute donc de l'identité de l'Âme. Les deux femmes une fois face à face, je n'ai jamais saisi le but de l'Âme, qui veut... quoi? prendre la place du corps en lui faisant accepter son décès? Comment, et pourquoi ne la balaie-t-elle pas simplement pour l'envoyer au ciel ou en enfer, je n'en sais rien. Il m'a semblé que le scénario, une fois les personnages identifiés, s'applique surtout à monter la pression dans ce lieu clôt où seul un lit peut accueillir deux jolies héroïnes... Fantasme masculin, et suspense encore raté, on attend qu'enfin, une scène de sexe nous libère et nous permette de passer à autre chose... Sauf que le scénario ne va finalement pas tellement plus loin et que nous voilà déjà à la fin du film.


Voilà donc tout le mal que j'en pense, en dépit d'une belle image. Mais je ne peux qu'engager chacun à aller voir le film, car, après en avoir discuté avec le réalisateur, j'ai senti en lui un engagement cinématographique superbe, une véritable envie de partage, qui est louable.


Mortem
d'Eric Atlan
avec: Daria Panchenko, Diana Rudychenko, Stany Coppet,...
sortie française: 03 octobre 2012

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