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Sunday, October 14, 2012

Walk away Renee, de Jonathan Caouette

Critique à l'occasion de la 8ème édition de DVDTrafic. Découvrez aussi plein d’autres films sur Cinetrafic dans la catégorie film 2011 ainsi que la catégorie films à voir.

Renee souffre de troubles mentaux, et son fils, le réalisateur Jonathan Caouette décide de lui faire traverser les Etats-Unis, de Houston (Texas) à New-York en camion, pour la changer d'établissement de soins et lui permettre de vivre plus près de lui. Jonathan Caouette, cinéaste depuis qu'il sait tenir une caméra, regroupe depuis son enfance des images, dont il a fait un premier montage, intitulé Tarnation, sorti en 2003. Cette traversée des Etats-Unis est filmée comme le reste de sa vie et il décide, en voyant les rushes, d'en faire un nouveau long-métrage.


Ce n'est pas à proprement parler un film, que Walk away Renee, en tout cas pas une fiction. On ne peut pas le classer non plus dans la catégorie documentaire. Son principe de base est le même que celui d'un film de vacances, mais capté d'un œil perspicace, assemblé avec un goût artistique certain, et qui n'oublie pas pour autant sa narration et son message. Walk away Renee est donc un méli-mélo, une docu-fiction sensible et barrée, un objet vidéographique pas vraiment identifié, personnel, intime et généreux.


Les films qui se concentrent sur les membres de la famille d'un réalisateur sont souvent une manière détournée de parler non pas de l'autre, mais de soi. Il y en a sans doute d'autres, mais les exemples qui me viennent à l'esprit sont Valérie Donzelli avant tout, qui, avec La guerre est déclarée, racontait la maladie de son petit garçon mais surtout son propre couple, ou Maïwenn, plus maladroite et plus honnête, mais qui filme aussi sa famille - la vraie, ou celle de son cœur, ses amis -, et a compris avec Polisse qu'il fallait arrêter de s'incruster dans ses propres histoires. Jonathan Caouette a un engagement bien différent quand il décide de parler de sa mère. Il a beau être à l'écran, et documenter ses archives de sa propre enfance, c'est uniquement de Renee qu'il s'agit, à 100%. Le réalisateur s'efface totalement derrière elle, et lui montre un dévouement incommensurable.


On peut critiquer la forme du film, qui use et abuse d'écrans explicatifs, qui part dans des délires extatiques parfois, épileptiques aussi, mais pas ce fond qui sue l'affection véritable d'un fils artiste. C'est sa manière de montrer, très égoïstement, à sa mère qu'il l'aime. Jonathan Caouette double ce message d'un cadeau pour le spectateur lambda en lui faisant suivre, chronologiquement, un road-trip qui se termine de la même manière que le film commence, par une vision d'une quatrième dimension, où Renee n'est pas folle, ni malade, mais chante, danse comme si elle avait toujours vingt ans.

Walk away Renee
de Jonathan Caouette
avec: Renee Leblanc, Jonathan Caouette, Joshua Caouette,...
sortie française: mai 2012
disponible en DVD chez Zylo

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