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Wednesday, July 4, 2012

Y'a plus de saison des séries #13 - The Slap, Hit & miss

Voilà déjà un premier retour sur deux séries que j'avais programmé pour l'été. A ce rythme, je vais finalement être rapidement à cours d'épisodes! La première saison de The slap, série australienne, ayant été diffusée jusqu'au bout, je vais pouvoir vous donner mon avis sur sa globalité. Par contre, Hit & miss est toujours en cours de diffusion, mais je crois, au bout de 5 ou 6 épisodes, avoir déjà une vision assez précise de ce qui me plaît et ce qui me plaît moins dans cette série.



On commence par du très très bon. The slap est l'adaptation d'un roman multi-primé, de Christos Tsiolkas, et qu'évidemment, je me suis empressée de commander. Christos Tsiolkas a déjà aussi été adapté au cinéma, avec le très beau Head on d'Ana Kokkinos. L'auteur, australien d'origine grecque, et ouvertement homosexuel, met ces caractéristiques au service de son œuvre. The slap explore donc des différences culturelles au sein d'une famille attachée à ses traditions et qui se heurte à un rythme de vie différent. Hector et Aisha centralisent les problèmes de couple, partagés entre leurs attaches personnelles et leur amour commun. Tous les autres personnages qui gravitent autour d'eux font écho à leurs petits et grands soucis tout en ajoutant leurs propres difficultés à vivre ensemble.


La série donne à chaque épisode le point de vue d'un de ces personnages, et si Hector et Aisha semblent rester au centre de la saison, chacun a cependant son propre premier rôle à jouer. Là où le scénario est intelligent, c'est qu'il donne différentes perspectives sans jamais s'aventurer trop loin de son intrigue. On a beau aller plutôt vers l'un, plutôt vers l'autre, les mêmes thèmes se recroisent sans parfois même que les personnages ne s'en doutent. Je trouve ça assez fort quand un personnage apprend des choses au spectateur à propos d'un autre personnage, alors même que le premier et le second ne se communiquent pas ces informations entre eux!


En plus de cela, la réalisation est absolument superbe, et se modifie à chaque fois subtilement pour coller à la personnalité au premier plan de l'épisode, tout en maintenant la cohérence sur l'ensemble de la saison. La réalisation, c'est justement ce qui m'agace un peu dans Hit & miss, au pitch de départ joliment tordu et pourtant traité sans complexe. Il m'arrive rarement de tenter d'analyser les cadres et les caméras. Comme dans The slap, je contente simplement d'observer que le rythme est plus nerveux sur l'épisode d'Harry et calme et silencieux lorsqu'il s'agit d'Aisha. Hit & miss, d'une certaine manière, me dérangeait. Ce n'est pourtant pas l'histoire qui me semble tirée par les cheveux, au contraire, j'admire cette manière de faire dans la simplicité pour traiter d'une tueuse à gages transsexuelle qui se découvre une famille. Du coup, j'ai décortiqué mon malaise et je l'ai identifié dans la mise en scène.


Elle est assez originale et se distingue de pas mal de séries, qui tirent généralement de bonnes ficelles, mais des ficelles déjà utilisées ailleurs. Hit & miss est une série parfois contemplative, qui aime photographier un paysage, un détail, pour introduire une séquence en deux ou trois plans fixes, avec une belle lumière, mais enchaînés relativement rapidement pour lancer la scène qui suit. Derrière, on reste dans une alternance de gros plans sur des objets, le geste d'une main, un regard, plans fixes et serrés, toujours ambiancés par une belle lumière, et des plans plus classiques, plus larges, qui englobent la scène et qui se tiennent un peu plus longuement. Là dedans, le rythme du dialogue renforce ces petites hachures, avec des phrases courtes, un accent prononcé et plus de regards que de textes.


Cette analyse paraît froide, à l'image de la série. On se laisse facilement embarquer par cette jolie image, mais sur plusieurs épisodes - bon, ok, surtout regardés à la suite les uns des autres, il faut l'avouer, et ce n'est pas le principe de l'épisode hebdomadaire -, cette mise en scène se révèle trop, et lasse. Je finis par voir toutes les petites erreurs de scénario, qui sont minimes mais surtout planquées derrière cette élégance. Finalement, que Mia soit une transsexuelle, à part rajouter un peu de complications dans sa vie amoureuse, à quoi cela sert-il? Son "job" est aussi presque un détail inutile, qui renforce sa brutalité peu en accord avec la féminité qu'elle désire... Ces caractéristiques du personnages nous éloignent des sentiments révélés par une nouvelle famille et le rapport entre enfants et adultes.


Mia perd de l'interêt du coup, surtout face au personnage de Riley, la toute jeune fille presque femme qui maintenait unie, avant l'arrivée de Mia, toute sa famille de gosses. Riley est le miroir de Fiona, dans la série également créée par Paul Abbott, Shameless. On retrouve finalement la même intrigue, mais agrémentée de ce personnage bizarre qu'est Mia, qui perturbe l'intrigue de base. Il reste que Chloë Sevigny, qui interprète Mia, est toujours intéressante à regarder, et que le choix de mettre en scène un personnage transsexuel est intéressant. La série reste aussi vraiment belle à voir, pour peu qu'on ne se lasse pas du rythme en enchaînant les visionnages.


The Slap
1 saison complète sur ABC1 (AUST.)
diffusée en octobre 2011

Hit & miss
1ère saison en cours de diffusion sur Sky Atlantic (EN)

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