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Wednesday, June 19, 2013

Annecy 2013 - Choses vues

Les projections ont été limitées cette année pour moi au Festival d'Annecy; je n'y ai été que trois petits jours, et j'ai essayé de partager mon temps équitablement entre les séances, les rencontres professionnelles et les tours en pédalo sur le lac avec les copains. En général, je me dis que j'aurais du serrer plus de mains, distribuer plus de cartes de visites, ou voir plus de choses, ou profiter plus du soleil... Là, il y a eu un peu de tout.


Longs-métrages (séances spéciales, avant-premières)

Oggy et les cafards, d'Olivier Jean-Marie
Oggy, ce chat bleu, trouillard, paresseux, gourmand, qui se fait courser par trois cafards ne vivant que pour l'embêter (et pour manger), vous l'avez fatalement déjà rencontré, depuis 4 saisons qu'il squatte les chaînes TV. Le cartoon arrive en août en 3D et en 90 minutes au cinéma. Certains diront que le passage au grand écran est bien compliqué pour un dessin animé muet qui se base sur de la course-poursuite dans la série. Le film montre comment Oggy, sur plusieurs générations et à des moments clés de l'Histoire, a toujours été titillé par les cafards. A la préhistoire, comme au temps des chevaliers, Oggy est avant tout amoureux d'Olivia; les gags ont pour but de les amener à se faire des bisous. A une époque "Sherlock Holmes", le scénario se complique un peu; trop complexe pour terminer le film, cette troisième partie lambine un peu; elle est heureusement complétée par une mini-séquence sur la possible évolution, graphiquement très ironique, d'Oggy dans le futur.

Certains seront certainement déçu de ne pas voir Oggy s'assagir, pour structurer un peu plus les 90 minutes de long-métrage; pour ma part, je crois qu'Oggy ne serait plus celui qu'on aime sans courir après les cafards, ni rire bêtement aux sourires d'Olivia; sans son indéfectible amitié avec Jack, qui le tire sans cesse du pétrin. Ces éléments ne sont pas mis de côté pour adapter Oggy dans une histoire conventionnelle, et j'adore ce parti-pris osé, et pourtant évident. Oggy se destine à un public d'enfants, qui, s'ils ne sont pas fatigués de la richesse de l'image et du rythme soutenu du film, adoreront ses cocasseries; les plus grands riront aux clins d’œil qui parsèment le film. Pour tout le monde, restez au générique de fin, la musique est géniale. Rendez-vous en août?


Tante Hilda, de Jacques-Rémy Girerd & Benoît Chieux
Tante Hilda confirme que la France devrait franchement se distinguer par un style graphique décalé. Des scénarios de Pixar ou Dreamworks, ou BlueSky, aussi bons soient-ils, ne sort qu'une seule et même image. Le studio Folimage laisse s'exprimer le style graphique de Benoït Chieux, et sa patte personnelle donne une vraie énergie au film, tout autant que l'histoire, férocement écologique. Tante Hilda protège dans ses immenses serres une nature qu'elle tient à l'abri des nuages d'engrais dont sont aspergées toutes les cultures. Hilda va se battre de toutes ses forces contre un nouvel engrais capable de faire pousser les champs jusqu'au ciel.

Le rythme du film capote parfois, on en oublie où en sont certains personnages... mais son engagement, même condensé de manière un peu manichéenne, est d'une incroyable fraîcheur, et l'image est magnifique. Sabine Azéma et Josiane Balasko prêtent leurs voix aux personnages principaux, deux femmes d'âge mûr, l'une perchée, l'autre gouailleuse, qu'on n'a pas l'habitude de rencontrer dans le dessin animé.


Courts-métrages en compétition

Sélection n°3
Je dois vous avouer que, sur ce programme, je n'étais pas très fraîche. J'ai baissé les paupières de temps en temps et pas profité de tout. Evidemment, j'étais encore éveillée pour le premier court, Trespass, de Paul Wenninger, qui a reçu la mention pour un 1er film; moi, j'ai trouvé ça un peu longuet. Effet de fatigue, peut-être. Les symboles se perdent dans le film. Je reconnais volontiers qu'un court-métrage sert aussi de terrain de jeu, mais l'exercice de style doit-il avoir le dessus? Peau de chien, de Nicolas Jacquet, m'a frappée, dérangée, et j'ai donc retenu cet étrange film. Je ne saurais pas dire si je l'ai aimé, mais je le reverrais bien. Il est étonnant dans cette sélection, que Kick Heart, de Masaaki Yuasa, n'ait rien emporté. Une animation truculente, une histoire qui met en scène, sur le ring, une nonne et un ange gardien catcheur, des couleurs, des distorsions... Voyez-le!


Sélection n°5
Regardez sur le site du festival, cette sélection comportait de très jolis morceaux! Marcel, king of Tervuren, de Tom Schroeder, avec ses traits de peinture, et sa voix off à l'accent fortement belge, contrastait entre une image superbe et une histoire rigolote, quoiqu'aux thèmes lourds (contagion, polygamie, inceste, parricide,... certes, entres poulets, mais quand même). Mademoiselle Kiki et les Montparnos, d'Amélie Harrault, a sans doute aussi marqué tous les esprits. Lettres de femmes, de l'ami Zanovello, a emporté le prix du public, qui m'avait bien semblé effectivement enthousiaste lors de la projection. Le thème n'est pas très joyeux (la 1ère Guerre Mondiale, les blessures et les morts, un viol), et les mots doux des femmes, qui viennent apaiser les plaies, contrebalancent joliment la noirceur des hommes. La sélection se termine avec un tout court métrage, Not over, de Toru Hayai, explosif et très drôle, idéal pour terminer sur une touche positive.


Oggy et les cafards
d'Olivier Jean-Marie
avec: Oggy, Joey, Deedee, Marky,...
sortie française: 7 août 2013

Tante Hilda
de Jacques-Rémy Girerd & Benoît Chieux
avec: Sabine Azéma, Josiane Balasko, François Morel,...
sortie française: 12 février 2014

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