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Saturday, June 1, 2013

Y'a plus de saison des séries #28 - Hatufim

Alors qu'on s'emballait tous pour Homeland, Showtime n'a pas oublié de rappeler que la série américaine était tirée d'une série... israélienne, Hatufim. L'origine de cette série était suffisamment surprenante pour tout le monde, nous qui sommes habitués à des séries très anglophones, des USA principalement, éventuellement anglaises voire, pour les plus exotiques, australiennes, ou encore suédoises. A part ça, et quelques exceptions françaises... c'est comme si les productions du monde entier n'existaient pas. Arte s'est permis de diffuser d'excellentes séries étrangères, comme Borgen, ou encore Hatufim, ce qui nous permet de découvrir d'autres horizons.

Hatufim, au-delà de son pitch de départ, ne suit pas du tout le même chemin qu'Homeland. Trois otages israëliens reviennent de 17 ans de captivité. Deux rentrent vivants auprès de leurs familles; le corps d'Ami est simplement rapatrié. Pendant 17 ans, la femme de Nimrod a attendu, s'est battu, a fait du bruit, et est restée fidèle à son mari; leurs deux enfants, Dana qui avait deux ans lorsque son père a disparu, et Hatzav, qui n'était alors même pas né, ont grandi sans leur père. La femme d'Uri a, elle, refait sa vie et eu un enfant... du frère de son mari. Yaël voit ce petit monde se rassembler et reste seule, à devoir accepter la mort de son frère Ami.


Alors qu'Homeland fait tout de suite intervenir le gouvernement, le président de la république, et met le pays aux pieds d'un seul et unique revenant, Hatufim se concentre sur l'intimité de ses familles brisées et reconstituées. Le sujet des religions, et d'une éventuelle conspiration contre Israël, suite à une tout aussi éventuelle conversion des otages juifs à l'islamisme, n'est qu'une trame de fond, suivie par deux personnages mystérieux. Le principal sujet est le retour à la vie "normale" des deux hommes, et la réaction de leurs familles. On observe aussi la vie brisée de Yaël, qui doit supporter de voir son espoir tenu pendant 17 ans, anéanti.


Quand on ne connaît pas trop la culture israëlienne - ce qui est mon cas, je n'ai pas honte de l'avouer -, il faut réussir à s'en sortir pour rattraper son manque de culture G et comprendre les tensions entre Juifs et Musulmans autour de Tel Aviv; je pense aussi qu'il y a des subtilités de langage, entre l'hébreu et l'arabe par exemple, qui nous échappent - et un jeu de  mot sur le prénom d'Hatzav, dont tout le monde se moque au début de la saison... pourquoi??.  Mais je ne déteste pas devoir me mettre à jour de l'actualité pour suivre la série, et ce petit challenge permet de supporter les quelques lenteurs dont souffre Hatufim. La série s'égare, en multipliant les soucis psychologiques de tous les personnages ayant vécu comme un traumatisme - parfois physique, pour les otages notamment -, cette longue absence. Visuellement, la série ne casse pas non plus des briques, et les flash-backs à répétition de scènes de torture sont lourdement introduites par des flashs blancs aveuglants.


La série comporte donc quelques longueurs, quand on est habitué aux multiples rebondissements des scénarios américains, plus alambiqués. Le twist final de la première saison relance cependant très efficacement le suspense. J'espère qu'Arte continuera sur sa lancée en dehors des sentiers battus, pour faire connaître au public français des séries du monde entier.


Hatufim
avec: Yoram Toledano, Ishai Golan, Assi Cohen,...
2 saisons tournées et diffusées en Israël (Channel 2)
saison 1 diffusée en mai 2013 sur Arte (Fr)

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