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Monday, September 23, 2013

Ma vie avec Liberace, de Steven Soderbergh

Liberace, pianiste à paillettes, brille à Las Vegas. Il a pour habitude de s'enticher de jeunes hommes qu'il fait vivre à ses côtés, à son service, dans le luxe. Scott Thorson, jeune orphelin, entre un jour dans sa loge, et passe cinq années auprès de lui, juste avant que Liberace s'en lasse, puis décède du sida.

Primé hier soir lors d'une soirée que je n'ai absolument pas suivie, et donc encore moins live-tweetée comme toute ma TL, Ma vie avec Liberace se vautre dans ses rutilances. L'histoire, résumée ci-dessus, est connue. Et même en étant passé à côté du phénomène Liberace, entre les années 50 et 70 - ce qui est probable, donc -, le chemin du joli Scott est tout tracé dès le début du film. Comme ses prédécesseurs, il se fait aimer et aime l'image d'idole que Liberace propage, avant de se faire "renvoyer". Il se trouve que Scott reste tout de même suffisamment longtemps auprès du pianiste pour avoir droit à un film. D'ailleurs, dans une dernière scène larmoyante, Liberace lui dira, évidemment, qu'il était le plus excitant de ses toutous.
 
 
Sur ce scénario cousu de fil blanc, quelques éclats rendent le film agréable à regarder. Matt Damon qui débarque vêtu d'un mini slip à sequins argentés, ou Michael Douglas qui laisse sa perruque de côté, sont autant de petits éléments cocasses qui ponctuent l'action et rendent le couple à la fois attachant et de plus en plus incongru.
 
 
Steven Soderbergh privilégie l'anecdote au vrai sujet, la sexualité débridée mais non assumée de Liberace. Toute sa vie, il assurera être hétérosexuel, et son agent cachera même la véritable cause de sa mort. Si Scott est torturé par le refoulement de Liberace, se droguant de plus en plus, accro à ses pilules et autres substances facilement accessibles dans le milieu du showbiz, jamais il n'est établi clairement que ce pourrait être à cause de cette absence de reconnaissance qu'il souffre. A la surface, ce n'est que sexe, drogue, et piano.
 
 
Le succès du film n'est pas immérité, mais une petite prise de risque, celle que n'aura jamais prise Liberace en avouant son homosexualité, aurait été plus intéressante de la part de Steven Soderbergh.


Ma vie avec Liberace
de Steven Soderbergh
avec: Michael Douglas, Matt Damon, Dan Aykroyd,...
sortie française: 18 septembre 2013

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