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Tuesday, July 28, 2015

Le Petit Prince, de Mark Osborne

La Petite Fille aimerait beaucoup intégrer l'école Werth, comme sa maman le désire, mais elle manque le concours d'entrée. Sa mère met donc au point un plan pour qu'elle soit acceptée malgré tout. Au programme, serrage de ceinture, déménagement, vacances d'été sucrées, révisions planifiées. La Petite Fille suit scrupuleusement ce programme mais est perturbée par un voisin hors normes.


C'est par le biais de l'histoire de La Petite Fille, que celle du Petit Prince va être contée. L'idée est ingénieuse, car le roman de Saint Exupéry a beau être couchée sur le papier, elle résonne dans nos têtes, par la voix de l'Aviateur. Impossible à adapter tel quel. Et les dessins d'Antoine de St Exupéry sont aussi emblématiques, et impossibles à mettre en 3D, technique imposée par notre époque. Du coup, on passe d'une technique à une autre, entre la 3D et la stop motion, utilisée pour l'histoire dans l'histoire... Une belle idée pour réussir à entremêler le chef d’œuvre et sa révision.


La Petite Fille a été clairement contaminée par le monde des Adultes, à grand renfort de routes droites et de conformisme. Il y a là une facilité de production (il est plus facile de créer une ville avec un seul modèle de maison) qui est cependant parfaitement justifiée. Le procédé pourrait paraître simpliste, mais le scénario n'évite pas le vrai sujet : je n'apprendrai rien à personne, le Petit Prince meurt à la fin. Le thème est plus frontalement abordé que dans le livre, et, si certains reprocheront au film cette délicatesse un peu moindre, on ne peut que reconnaître l'audace. Le film prend avec toute la gravité nécessaire le taureau par les cornes, sans oublier d'être poétique, notamment par le biais de ces séquences en stop motion et en papier, d'une grande beauté (si vous êtes à Paris, allez donc faire un tour à la galerie Arludik pour voir des marionnettes originales).



Le film se termine au sein du pays des adultes, dans un rebondissement bien terre à terre qui ne se contente pas de casser le rythme mais propose aussi une ouverture moins rêveuse que le reste. Comme dans Peter Pan, j'aurais préféré rester au pays des enfants. Cependant, cette production franco-américaine est une belle réussite, sensible et au parfum de merveilleux.


Le Petit Prince
de Mark Osborne
avec : André Dussollier, Florence Foresti, Vincent Cassel,...
sortie le : 29 juillet 2015

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