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Tuesday, October 6, 2015

Ni le ciel, ni la terre, de Clément Cogitore

En Afghanistan, un camp militaire surveille les talibans à la frontière avec le Pakistan. Les habitants d'un village voisin surveille d'un œil sombre les deux sortes d'envahisseurs, qui piétinent une terre sacrée. Français et talibans voient leurs troupes diminuer, les hommes disparaître mystérieusement.


Rien de plus concret que la guerre, ses peurs et coups de feu tirés pour effrayer un ennemi aussi frileux à tuer. La caméra est côté français, avec un aspect documentaire qui s'attache à des hommes jeunes, qui ont laissé leur famille derrière eux, des hommes plus expérimentés, endurcis, ou solitaires ou aimants, solitaires ou attachés à toute forme de réconfort, dieu compris. Le panel est vaste, la caméra s'intègre dans leur univers, dort auprès d'eux sur les montagnes qu'ils surveillent dans le noir le plus profond (d'où cette affiche fantomatique).


Français ou talibans, personne pour se lancer dans des tueries. La violence vient de l'appréhension d'une attaque, de la peur de l'inconnu : les premiers coups de feu sont lancés vers un adolescent seul avec sa chèvre, qui s'aventure sans raison connue sur une partie de terrain interdite. La peur est exacerbée par la quasi absence de communication, qui a besoin d'interprète. La guerre est rendue par ce climat rendu hostile par l'incompréhension.


Les disparitions réunissent alors deux ennemis, autour d'un troisième, et d'une énième méconnaissance. Les hommes des deux camps disparaissent sans justification. Le fantastique fait irruption, sans que le film ne bascule dans la science-fiction. D'une manière élégante, Clément Cogitore montre l'absurdité et la vacuité de cette surveillance incessante.


Un film de guerre, documenté, mais pas un film de genre, Ni le ciel, ni la terre impose un autre style pour un résultat percutant.


Ni le ciel, ni la terre
de Clément Cogitore
avec : Jérémie Renier, Kévin Azaïs, Swann Arlaud,...
sortie le : 30 septembre 2015

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