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Monday, September 20, 2010

The Runaways, de Floria Sigismondi

Les Runaways, à la fin des années 1970, formèrent un groupe éphémère et retentissant, exclusivement composé de filles à peine âgées de seize ans. Kim Fowley, leur manager, sentait chez ces filles électriques le potentiel provocateur et financier qu'il cherchait. A la façon d'un Malcolm McLaren pour les Sex Pistols, Fowley influença son groupe, et le projeta sur le devant de la scène. Inspiré des mémoires de la chanteuse Cherie Currie, le film explore les périodes de tâtonnements, de découvertes, le succès et la chute des Runaways, à travers la relation de Cherie Currie et de la "tête" du groupe, Joan Jett, qui continua l'aventure après le départ de la chanteuse leader.


Incontestablement, ces filles représentent une version féminine du punk qui explosa ces années-là. La musique qui, bien entendu, rythme le film, en est profondément gorgé, et c'est un plaisir pour les oreilles de se plonger dans ce tourbillon de guitares rebelles et de voix hurlantes. L'énergie des deux actrices, Dakota Fanning, qui tient le rôle de Cherie Currie, et Kristen Stewart, qui prend celui de la guitariste du groupe, Joan Jett, contribue à ce bouillonnement énervé. Kristen Stewart notamment, qui reprend elle-même à la voix un certain nombre de chansons des originales Runaways - il ne me semble pas avoir vu Dakota Fanning au générique musique -, se débarrasse de son aura de vierge romantique de Twilight. Cela dit, n'ayant regardé que d'un œil profondément ennuyé le premier volet de cette saga, je n'ai pas aperçu Bella derrière Joan. Le film est également teinté de la nostalgie de cette époque mouvementée, de ces concerts sauvages et de cette énergie adolescente et indocile. Dakota Fanning, de part son rôle de petite blonde plus attachée à David Bowie qu'à Suzi Quatro, et part un jeu un peu plus timide, supporte moins bien ce rôle d'insoumise.


Le film se perd un peu dans une esthétique de vidéo-clip, dont la réalisatrice sort juste, et tombe dans des travers un peu faciles de biopic musical. Les néons rouges accentuent le trash, les gros plans soulignent encore le côté révolté des filles, les flous esthétisent le déclin dans la drogue. Bref, tout cela est parfois bien cliché - oui, tout comme mon raccourci à propos de Sigismondi, c'est mal. La réalisatrice semble utiliser ces artifices pour éviter de montrer crûment la réalité de la drogue, de l'alcool, de la manipulation financière de Kim Fowley, et du sexe présents à outrance dans la brève existente des Runaways. Tout n'est donc pas si trash, et si l'énergie du son et des actrices est bien là, la mise en scène trop classique, qui n'ose pas réellement, calme l'insurrection musicale.


Si on se laisse emporter par la musique, The Runaways est un vrai torrent d'énergie; mais n'ouvrez pas les yeux trop souvent, de peur d'être déçu par le manque d'audace de la mise en scène.


The Runaways
de Floria Sigismondi
avec Dakota Fanning, Kristen Stewart, Michael Shannon,...
sortie française: 15 septembre 2010

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