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Friday, September 3, 2010

Old movies #2 - David Lynch - Woody Allen

Je sais, je sais, ce n'est pas si vieux. En tout cas, j'ai cette fois visé plus proche de nous. Mais cette catégorie est aussi faite pour regrouper les films et/ou réalisateurs dits cultes, indispensables, dont je n'ai pourtant pas visionné plus de dix minutes. Je me suis notamment rendu compte que, de David Lynch, je connaissais plus l'aura que les réalisations: Elefant Man, plusieurs fois, il y a longtemps; Dune, la catastrophe infligée à un de mes livres de chevet (à revoir, cependant); et Mulholland Drive, l'évidence, nommé aux Academy awards. Je commence donc mes séances de rattrapage, et Lost Highway est venu en premier, concours de circonstances (download plus rapide, co-visionneur plus intéressé).



De toute évidence, après une œuvre pareille, il va falloir, d'une part, m'en remettre, et d'autre part, m'y replonger rapidement. Lost highway, très brièvement, suit les pas de Fred Madison, saxophoniste qui vit sur des horaires décalés dans une superbe villa de Los Angeles. Légèrement paranoïaque, il soupçonne sa femme, Renée, de le tromper. Alors qu'il la surveille étroitement, il reçoit des vidéos; chaque matin, une nouvelle VHS l'attend, toujours un peu plus longue, filmant d'abord la villa de l'extérieur; le réalisateur anonyme s'introduit ensuite à l'intérieur, filme les pièces vides... ou pas. L'enquête de police semble ne rien donner, menée de main de maître par des incompétents. Enfin, la dernière VHS montre Fred auprès de sa femme assassinée. Condamné, Fred échappe mystérieusement à la mort, volatilisé alors que sa cellule est occupée par un jeune garçon. Pete vit chez ses parents, travaille au garage d'à côté, a une petite amie. Comme s'il vivait une vie parallèle de Fred, il rencontre Alice, ressemblant étrangement à Renée, et croise des personnages, doubles de ceux de la vie de Fred. Encore une fois, le meurtre sonne la fin de cet étrange capharnaüm.


Incroyable labyrinthe, le film avance à ce rythme lent, où les secondes s'égrènent au son lancinant d'une musique hallucinogène, caractéristique à David Lynch (oui, je n'ai vu que trois, maintenant quatre, de ses films. Je fais des généralisations sur sa filmographie.) David Lynch réussit l'exploit d'imager des rêves (mieux qu'Inception), de donner une structure à des pensées tortueuses, un visage aux cauchemars, et une âme aux assassins. On plonge en plein coeur d'une pure schizophrénie paranoïaque, sans traiter le sujet comme un malade; pourtant, c'est bien son esprit fou qui tire les ficelles du scénario.


David Lynch possède cette particularité de faire du film expérimental, ou presque, une œuvre ouverte, à laquelle tous ont droit d'essayer d'adhérer. Il faut absolument, pour réussir, se laisser embarquer dans ses troubles mentaux, en faisant fi de toute logique. Le réalisateur use en effet d'une figure de style cinématographique, que peu de réalisateurs oseraient; il se permet de passer du fantasme à la réalité, de la linéarité à l'ellipse incongrue, et cela sans transition. Il n'essaie pas de justifier, d'expliquer. Il faut se laisser emporter dans les méandres de son film.


J'enchaîne actuellement sur la série Twin Peaks, dont le pilote ne présage que du très bon. La patte Lynch est là, lente, hantée par la musique. La construction est plus classique mais se dédouble dans la multiplicité des personnages, et l'étrange est le maitre mot de cette petite ville de l'état de Washington.



En passant, comme ça, je note aussi que j'ai vu Love and Death, qui suit, deux ans plus tard, la réalisation de Sleeper. Woody Allen y interprète un petit Russe malingre peu enclin à partir à la guerre, et qui réussit malgré tout sur des coups du sort. Si les répliques font mouche, je m'agace de la perpétuelle agitation de Woody Allen. La réalisation est simpliste, et que ce soit volontairement, ou non, ne me fait pas apprécier le film pour autant. Bref, j'arrête là avec Woody Allen, dont je ne retiendrai décidément que la trilogie Annie Hall / Interiors / Manhattan. (Mais oui, bien sûr que j'irai quand même voir You will met a dark tall stranger, présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2010).


Lost highway
de David Lynch
avec Bill Pullman, Patricia Arquette, Balthazar Getty,...
sortie: 1997


Love and death
de Woody Allen
avec Woody Allen, Diane Keaton, Zvee Scooler,...
sortie: 1975

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