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Friday, September 17, 2010

Old series #3 - Twin Peaks, de David Lynch

Gens, j'ai commencé à regarder Twin Peaks. Ça faisait aussi partie de mes lacunes en matière de classiques jamais vus. J'ai regardé le pilote, 1h30, le premier épisode, 1h30, et les deux suivants, 1h30 à eux deux. Plus c'est long plus c'est bon, on dit.


Cette série est une énorme claque, dont je ne vous fais pas le pitch, merci tout le monde connaît, vu que tout le monde a déjà vu. Bon, en deux mots: dans une petite ville tranquille des Etats-Unis, Laura Palmer est assassinée. L'agent spécial du FBI Dale Cooper vient mener son enquête auprès du shérif de la ville, Harry S. Truman. Dès le début, on découvre que les adolescents qui entourent Laura Palmer sont plutôt libertins; que Laura Palmer était auréolée d'une aura de bienfaitrice; que les habitants de Twin Peaks, dans leurs univers un peu clôt, dissimulent leur lot de secrets.


L'ambiance donnée par David Lynch à cette série est démente, bien loin des rebondissements, parfois réussis, mais toujours dynamiques au possible, de nos séries des années 2010. On en apprend certes un peu plus à chaque épisode, au fur et à mesure que l'enquête avance, mais les informations viennent lentement, presque insidieusement. On s'introduit surtout dans le quotidien pas très catholique d'Américains à première vue banals, et finalement déjantés. Le plus extravagant de tous est certainement cet agent du FBI qui se passionne pour le café et déduit de ses rêves ou du langage corporel de ses témoins les us et coutumes de chacun. Ce type a la capacité inouïe de sauter du coq à l'âne sans se départir de son sourire carnassier, jouissant de ses découvertes, qu'elles soient culinaires ou qu'elles proviennent de dessous l'ongle d'un corps en décomposition.


Il n'est évidemment pas le seul à dévoiler sa nature un peu folle; chaque habitant intrigue, dissimule, ment ou a des hallucinations. Chacun est extrêmement bien casté, de la secrétaire du bureau du shérif, avec sa voix nasillarde, à l'étrange Sarah Palmer, mère de la défunte, dont les yeux immenses ne voient plus la réalité, en passant l'intrigante enfant gâtée, Audrey Horne, qui s'ennuie dans l'argent de son papa,... La musique, propre à David Lynch, impose son thème angoissant sur cette ville de Twin Peaks, théâtre de scènes de vie simples et malsaines.

Ajoutez à cela de chouettes conditions réunies pour regarder la série, et la savourer parfaitement. Hop, voilà, c'est fait, de la publicité pour un autre blog tout neuf qu'il est bien: not drinking poison in Paris, ou les tribulations œnologiques d'un Américain en France, regard plein d'humour, cynique mais aimant, sur nos vins.


Le rythme, le caractère déjanté de Twin peaks, font l'effet d'une petite bombe dans ma culture de séries actuelles; il n'en est pas une aujourd'hui qui se risquerait à prendre le parti de l'étrange comme David Lynch l'a fait en 1990.


Cela ne m'empêche pas d'attendre avec impatience les prochaines séries de la rentrée.

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