Pages

Monday, January 5, 2015

A most violent year, de J.C. Chandor

Abel Morales est sur le point de conforter sa place dans le commerce de pétrole à New York. Ce rude hiver le voit signer un contrat sur lequel il mise tout ce qu'il a acquis depuis ses débuts en tant que chauffeur routier ; immigré, venu de rien, il a parcouru ce chemin avec droiture. Mais ses concurrents le feront tomber, à moins qu'il ne laisse de côté ses principes.

Je me souviens bien des circonstances dans lesquelles j'ai été voir Margin call en 2012 ; en revanche, je n'ai pas trop de souvenirs du films, à part ses tons marrons et une intrigue pleine de chiffres. La simplicité de A most violent year m'a parue, en comparaison, presque bête. Abel doit obtenir de la banque un prêt, qui repose tout entier sur son honnêteté de toujours au sein d'un milieu corrompu. Si Abel a fauté, ne serait-ce qu'une seule fois depuis le début de sa carrière, la banque ne le suit pas. Et si la banque ne le suit pas, Abel perd tout.


Les années 80 sublimées, dans le froid glacial et blanc de New York enneigée, séduisent. On peut facilement se laisser emporter par le flot maîtrisé de disputes et d'amour d'un couple riche et beau, rebondir de discussions financières en courses poursuites flingue au poing. L'enjeu tient sur la droiture d'Abel. Certes, il est pote avec ses chauffeurs de camion et parle leur langue mais rien en lui ne nous fait avaler qu'il n'est pas comme les autres, immoral. C'est peut-être le contexte "crise des années 2000" qui me fait cet effet, mais je n'ai jamais réussi à croire qu'il en soit arrivé là à force de travail. Qui devient roi du pétrole, se marie avec la fille d'un mafieux de Brooklyn, se tient au chaud dans son beau manteau à $1.000, et sans partir de rien, ne perd pas la tête pour de l'argent ?


Il s'agit alors d'attendre que l'ordre immoral soit rétabli, que les méchants redeviennent corrompus et que les faibles et pauvres souffrent et meurent. Le monde moderne est en place.


Après avoir vu A most violent year, j'ai relu ma review de Margin call et je me suis rendue compte que, contrairement à ce que ma mémoire me raconte, j'avais trouvé l'histoire très claire. Cette fois, elle l'est pour sûr, basique, efficace. J.C. Chandor doit encore trouver le juste milieu.


A most violent year
de J.C. Chandor
avec : Oscar Isaac, Jessica Chastain, Albert Brooks,...
sortie le : 31 décembre 2014 

No comments: