Pages

Tuesday, January 27, 2015

The imitation game, de Morten Tyldum

En 1950, Alan Turing avoue son histoire à un inspecteur de police qui a du mal à comprendre comment un "simple" mathématicien accusé de mauvaises mœurs voit son dossier classé top secret. Alan Turing, pendant la guerre, a effectivement participé à une mission chargée de décrypter les messages codés allemands. Génie aussi bizarre qu'antipathique, il a inventé et bâti une machine pour décrypter les messages d'Enigma, machine dont les duplicatas ne sont pas moins que la base de nos ordinateurs d'aujourd'hui.

 On continue la route vers les Oscars... Imitation Game y est sélectionné plusieurs fois et réunit un certain nombre de critères positifs pour remporter un maximum de statuettes. L'adaptation d'une biographie permet d'être sûr d'avoir un personnage dont la vie est riche en évènements marquants. Le crédit de l'histoire vraie plonge directement le spectateur dans l'empathie.


Et c'est vrai, le film fonctionne efficacement, avec un Benedict Cumberbatch dans le personnage (même si celui-ci était a priori en vérité bien plus introverti et absolument mal dans sa peau, ce que le film enjolive, mettant tout sur le compte d'une enfance difficile, moquée par des camarades de classe parce que le pauvre gosse est trop intelligent et trop gay). On a la bonne dose de drame, la bonne dose d'amour, on se prend à apprécier ce pauvre Alan qui ne sait pas reconnaître ni faire une bonne blague (il a quand même une sacrée répartie). L'image est chouette comme tout, avec une teinte à l'ancienne (c'est la guerre) et les pantalons bien coupés de l'époque. Y'a même une touche féministe avec la gentille Keira Knightley qui refuse de se cantonner aux fourneaux.


C'est précisément ce que je reproche à The imitation game. Le film est un sans faute qui ne se mouille pas, se contentant de dire ce que la bienséance voudrait qu'on dise et pense : persécuter un homme à cause de ses préférences sexuelles, c'est mal, et pire encore quand cet homme est un génie qui a sauvé des milliers de vie et sans doute raccourci de beaucoup la durée de la guerre et ses dégâts.


Le film fait passer un excellent moment et on en sort en ayant appris quelque chose d'historique, puisqu'Alan Turing et son travail n'ont été salués par la reine Elizabeth II qu'en 2013. Mais le film manque profondément de la petite étincelle qui fait d'un bon film un excellent film.



The imitation game
de Morten Tyldum
avec : Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode,...
sortie le :  28 janvier 2015

2 comments:

Anonymous said...

inventé et bâti Enigma? Ce film est encore plus tordu qu'il en a l'air...

Fanny B. said...

Bien vu, Anonymous, j'ai corrigé cela.