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Tuesday, January 5, 2016

Joy, de David O. Russell

Joy a abandonné ses rêves de petite fille pour aider sa famille. A présent, elle jongle entre un père volage et colérique, une mère clouée dans son lit devant un soap éternel, un ex-mari qui dort dans son sous-sol, une sœur critique, deux gamins, son job. Ses espoirs se réveillent alors qu'elle a l'opportunité de croiser un investisseur, la nouvelle et énième petite amie de son père, avec une idée révolutionnaire de balai-serpillère qui s’essore tout seul.



Si vous regardez le trailer du film, rien ne ressort de ce pitch ; on pourrait quasiment s'attendre à du Tarantino, avec regards en coin de tueurs, coups de feu et détermination narquoise. Coupler une telle imagerie à l'histoire d'une femme qui réalise le rêve américain, David O. Russell excite avec son sujet. Il faut alors expliquer qui est Joy, une femme pleine de compassion pour sa famille malgré les défauts de celle-ci. BAM, trente minutes de flash-back. L'introspection de Joy sur son propre passé, cruellement perspicace, aurait dû marquer un tournant. Qui lui en voudrait de se détourner des siens après les déchirures subies ? 


Ces trente douloureuses minutes vont à l'encontre de la femme forte et combattive que Joy aurait dû être : elle se fait balader par son père et sa sœur, et alors que sa bêtise s'étale tellement que même son idiot d'ex-mari s'en rend compte et la prévient, Joy s'engouffre dans des batailles perdues d'avance. Impossible de compatir tant ses mauvaises décisions sont injustifiées. A partir de là, sans identification possible, l'accession de Joy, malgré tout, à un empire, est une longue suite de conséquences improbables qu'elle ne cesse elle-même de contredire. Celui qui lui laisse sa chance lui met des bâtons dans les roues pour ensuite devenir son meilleur pote, ceux qui lui tendent la main lui retirent leur soutien pour ensuite lui demander un retour de monnaie, elle se montre influençable puis indépendante,... Un parcours plein de rebondissements du genre rebonds de ballon de rugby, dans tous les sens et sans cohérence.


Joy a beau être une histoire vraie et féministe, c'est exactement le contraire qui ressort du film : cette femme termine par être terriblement conventionnelle et banale, comme le film.


Joy
de David O. Russell
avec : Jennifer Lawrence, Robert De Niro, Bradley Cooper,...
sortie le : 30 décembre 2015

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