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Saturday, June 12, 2010

Annecy - Jour 5

Le temps se couvre un peu, la course de pédalos, n'en déplaise à Mr. Egg, sera remise à l'année prochaine. Pour profiter du festival jusqu'au bout, on passe donc à nouveau du temps dans les salles. Un work in progress pour démarrer la journée tranquillement. Le tableau, réalisé par Jean-François Laguionie, est une jolie production en relief, qui suit les aventures de personnages sortis d'une peinture, à la recherche de leur créateur qui a laissé certains d'entre eux pas finis, voire même totalement rough, alors que d'autres possèdent les moindres détails sur la peinture.





Jean-François Laguionie est un réalisateur peu prolifique en longs-métrages; c'est seulement le quatrième de cet artiste, qui aime se consacrer au court-métrage. A l'inverse des réalisateurs vus la veille, malgré l'habitude de travailler en équipe très réduite, voire seul, Jean-François Laguionie a suffisamment d'expérience pour accorder sa confiance à des partenaires de confiance, comme en témoigne la scénariste Anik Leray aussi présente, très complice avec son réalisateur. La connivence de ces deux-là est évidente. La séance n'est pas forcément rondement menée, car Jean-François Laguionie, tout comme son producteur Eric Jacquot, suivent plutôt leur chemin de pensée au lieu de répondre aux questions du meneur de débat! Les images montrées sont précises, mais manque un peu de diversité; on ne peut voir aucun essai de rendu relief. Le projet suit probablement doucement son cours, et est encore à ses débuts. L'histoire est plaisante, l'équipe réjouissante. J'apprécie tout particulièrement cette curieuse idée de construire un groupe de personnages centraux, dont le leader n'est pas celui qui prend la tête de l'expédition. La sortie du film est prévue d'ici deux années.



La séance suivante est celle des courts-métrages en compétition numéro 5. Les Japonais Atsuko Nagashima et Mirai Mizue ne se distinguent pas particulièrement avec leurs banal ou absurde courts, Roku-jyo to yo-jyo-han et Playground. Monstre sacré, du Français Jean-Claude Rozec, mixe l'histoire du Vilain petit canard avec King-Kong dans une amusante histoire au design simple et efficace. La chute tombe malheureusement un peu à plat. Les autres Français, Gilles Cuvelier et Joanna Lurie, avec respectivement Love patate et Le silence sous l'écorce, sont également talentueux; le premier réussit à décrire l'histoire d'amour entre un homme et une patate, alors que l'amoureuse humaine souffre en silence de ce curieux rapprochement; la seconde perd son propos dans un film à l'esthétique magnifique. Vem Blöder (image ci-dessus), de  la suédoise Jessica Lauren, se fait longuement applaudir, à raison. Son court-métrage mêle un design simpliste à une histoire un peu bête et très drôle, dans laquelle le dialogue et le rythme profitent à l'humour décalé. Coup de cœur pour l'Argentin Javier Mrad,  qui, dans  Teclocpolis, fait bouger des clés pour les faire ressembler à des poissons. Son personnage principal manque malheureusement de caractère, mais sa technique est redoutable et imaginative.



La dernière séance du festival n'est pas des moindres, puisque c'est celle du dernier court-métrage de Pixar, Day & Night, suivi d'une explication de son réalisateur. Comme d'habitude, imaginatif et techniquement sans défaut, je vous le laisserai découvrir dès qu'il sera diffusé. In-dis-pen-sable. Le pitch de Teddy Newton est vraiment intéressant, très "corporate", forcément, mais aussi réellement et techniquement passionnant. La suite sur le relief, animée par Bob Whitehill, est moins intéressante. Les trailers ou extraits  s'enchaînent, pour meubler et combler le manque d'argument en faveur du relief...



Une fondue pleine de fromage (logique) clôture cette semaine (photo ci-dessus).Il faut bien terminer dans la légèreté. Un résumé en images suivra, avec les moments forts d'Annecy 2010. 

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