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Tuesday, June 22, 2010

Sex and the city 2, de Michael Patrick King

Trois semaines après tout le monde, je vais voir le film qui a fait du bruit, que pas mal de filles attendaient. Il faut dire que les critiques n'étaient pas tendres avec ce deuxième film tiré de la série à succès du même nom. On retrouve donc Carrie, mariée à Big, et vivant dans le même appartement, en proie à la peur du vieux couple; Miranda, mariée aussi, se laisse marcher sur les pieds au boulot et claque la porte au nez de son boss, mais s'embête ferme à être femme au foyer; Charlotte , mariée toujours, ne s'en sort pas non plus avec ses deux filles, et a peur de la concurrence d'une jolie nanny qui se balade sans soutien-gorge; Samantha, pas mariée bien entendu, refuse de devenir vieille et de perdre ses envies, mais, au botox, préfère quarante pilules ultra naturelles à avaler chaque jour. Les quatre copines baladent leurs angoisses à Abu Dhabi, dans un rêve bleu enchanteur où elles doivent quand même couvrir leurs épaules, par respect pour la tradition.




Est-ce que quelqu'un sait qui est Michael Patrick King? A part avoir réalisé le premier film de Sex and the city, le monsieur est inconnu au bataillon du cinéma. Par contre, il produit et scénarise nombre de séries télévisées. Voilà pour la culture, on s'arrêtera là, et on plonge dans les affres du matérialisme et du paraître. A vrai dire, je m'attendais à pire, à de la publicité coca-cola à tous les plans, ou du logo Chanel zoomé au possible. Que nenni; certes, la dernière collection Vuitton est portée par des femmes en burqa, mais le film ne déborde pas de publicité à outrance, du moins pas plus que ce que à quoi Carrie et ses copines nous avaient habituées. Que tout soit clair dès le début: Sex and the city 2 n'est pas un bon film, le scénario est trop long, et la réalisation juste passable; mais j'ai passé un moment pas mauvais et surtout, surtout, je n'ai pas vu (trop) ce d'autres critiques ont noté. Alors certes, il y a des femmes voilées, et des hommes qui dénoncent les frasques sexuelles de Samantha; mais, si les blagues manquent de subtilité, elles ne sont pas sans humour. A part cette dernière scène, qui part en vrille pendant cinq minutes, et qui est donc excusable sur les deux heures vingt-six minutes que dure le film, les blagues fusent impertinemment, rarement très drôles, toujours très légères, mais enfin, pas totalement racistes. J'ai attendu le faux pas, sur le qui-vive en permanence; il n'est pas arrivé.


Les bons côtés sont donc  tièdasses, mais présents. Abu Dhabi, on en entend parler, sur l'affiche, dans les pitchs, par les critiques; on regrette le décor de New-York. Mais bon, la première heure s'y déroule tout de même, histoire de planter (laborieusement), les problèmes conjugaux de Carrie, Miranda et Charlotte, et les problèmes d'âge de Samantha. On n'est donc pas totalement en reste de taxis jaunes, de réunions autour d'un déjeuner au restaurant habituel des quatre copines, ni de la présence des personnages secondaires, maris, amants, amis. Les thèmes chers à la série sont là: l'amour, le célibat, la vie commune. On déborde même un peu de sentiments quand Carrie répète mot à mot les arguments de Big, qu'elle n'a pourtant pas cru, mais dont elle veut se convaincre; on rit franchement lorsque Miranda et Charlotte abordent leur côté mère indigne entre elles. Le vrai sujet du film n'est pas le racisme, ni même la condition féminine; ces sujets sont inhérents à la série (pour le féminisme). Par contre, on parle bébés, on parle de la difficulté de supporter l'autre pour la vie. Le vrai sujet du film, ce sont les enfants, présents et insupportables, lorsque ce sont les nôtres (pas les miens, hein), et menaçants par leur absence, aux yeux des autres. On ne peut pas dire non plus que ces thèmes soient poussés jusqu'à la réflexion philosophique, mais enfin, ils sont là. Et de toute manière, ce qu'on veut voir, dans Sex and the city, c'est aussi les vêtements.



Alors, oui au bling-bling, oui à la surenchère de luxe absurde. Il faut avouer que, malgré leurs jobs pas stupides, Carrie et ses amies ne savent pas ce qu'est un souk ou une burqa, zéro pointé sur la culture; mais, avant d'être des filles superficielles, elles sont surtout américaines, et peut-être que ceci explique cela. Les filles affichent une garde-robe inépuisable, quoiqu'inadaptée aux traditions locales, emportent une dizaine de valises chacune, vadrouillent en talons hauts dans les dunes, se déplacent dans quatre limousines et font 20.000 kilomètres en quelques jours et en première classe dans un avion haut standing: bilan carbone de tout ça? Je ne sais pas, beaucoup d'arbres à planter sans doute; bilan attitude: 100% de grands cris et de yeux ébahis. Voilà quelque chose qui m'épate: ces filles vivent dans de superbes appartements new-yorkais, ont des maris formidables, et une déco à tomber (pas forcément dans cet ordre de valeur). Néanmoins, elles ne sont jamais blasées du luxe, et ne font pas la fine bouche quand on leur présente les meilleurs mets. Elles se jettent sur tout avec l'impatience d'enfants jamais gâtées, comme si c'était la première fois, comme si elles découvraient le moindre bijou, la plus petite et exquise pâtisserie, le cocktail le plus précieux, le muscle du torse le mieux huilé. Je n'en dirai pas autant de certaines de mes connaissances, moins bien loties, mille fois moins expérimentées en tout, mais pas le moins du monde impressionnées devant la nouveauté, comme si on avait déjà tout vécu et tout vu. J'étais ravie de retrouver ces quatre copines toujours heureuses et prêtes à s'extasier sur une paire de babouches.



Par contre, niveau fringues, si on en prend plein la vue sur la quantité, la qualité laisse fortement à désirer. Oui, mille fois oui à la débauche vestimentaire, et au changement de tenue à chaque séquence. Par contre, je n'ai pas eu la moindre émotion à la vue de leurs excentricités modesques. J'aurai noté la les tenues décontractées et larges que porte la nuit Carrie, surtout cette sublime chemise qu'elle porte alors qu'elle fait ses bagages; d'adorables lunettes rondes qu'elle aborde avant de prendre un chameau; par-dessus tout, sa veste d'homme, un peu grande, très lâche, très fluide, dont elle dissimule pudiquement ses épaules dans la ville; mieux que tout, ses jupes courtes et tee-shirts informes qu'elle porte, chez elle à New York, sont une belle réussite. Pour les robes, les accessoires fantaisiste, enfin bref, l'imaginaire de Patricia Field, ça manque de mordant.



Je ne pensais même pas avoir deux lignes à écrire sur ce film déjà vu par tous. La surprise d'avoir quelque chose à raconter est en soi une excellente chose, et montre bien que tout n'est pas à jeter dans Sex and the city, le film, 2.



Sex and the city 2
 de Michael Patrick King
avec Sarah Jessica Parker, Kim Catrall, Kristin Davis, Cynthia Nixon,...
sortie française: 02 juin 2010

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