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Wednesday, August 22, 2012

Blow-up, Blow out, Antonioni et De Palma

1967, Cannes. Antonioni remporte la Palme d'Or d'un Festival présidé par Alessandro Blasetti. Son film, inspiré d'une nouvelle de Julio Cortazar, prend Londres pour décor. Un photographe de mode tente de se donner du crédit en publiant un livre avec pour thème les sans-abri, et s'éloigne de la ville dans la campagne anglaise. Il vole dans un parc désert des images d'un couple qui s'embrasse. La femme tente de récupérer la pellicule, l'homme s'enfuit. Le photographe, en développant et agrandissant les clichés, révèle un meurtre.


En 1981, Brian De Palma rend hommage à Antonioni en reprenant le scénario de Blow-up pour réaliser Blow out. Jack y est preneur de son et cherche à enregistrer un cri d'effroi pour un film sur lequel il travaille. Une nuit qu'il capture des sons naturels, il est témoin d'un accident; en ré-écoutant son enregistrement, il se rend compte qu'il s'agissait en fait de l'attentat d'un homme politique. Avec la fille qu'il a sauvé cette nuit-là, il tente de faire éclater la vérité.


Les deux films n'ont que quinze années d'écart, un pitch plus ou moins similaire, et pourtant, pas mal de choses les opposent, notamment la manière dont on peut les regarder aujourd'hui. Dans la version d'Antonioni, le cinéma lui-même se donne en représentation. C'est quasiment un film documentaire, un exercice de style.


L'époque y est fortement représentée, et montre une jeunesse qui swing... Twiggy, la mini-jupe, les galeries d'art, le swinging London est en pleine effervescence. Le cinéma, lui aussi, se révolutionne. C'est l'époque de la Nouvelle Vague en France, on balade les caméras, on filme son temps. L'image de Blow-up garde cette fraîcheur de mise en scène, mais, si les personnages y courent et sont exubérants et joyeux, on est loin des montages frénétiques contemporains. Le film mérite sa Palme à l'époque, grâce à son extravagance, témoin de son temps, audacieuse - on y voit un corps féminin entièrement nu pour la première fois au cinéma, celui de Jane Birkin.


Cependant, il faut bien avouer qu'en 2012, je me suis drôlement emmerdée. Les scènes sont incroyablement longues et l'action peu concise. Quant aux questionnements du photographe face à ses agrandissements, ils sont lourdement racontés, en gros plans peu esthétiques et rapides panoramiques pour lier l'image à la réflexion. La mise en scène, et même le fond de l'histoire, ont moins d'importance que la représentation de la jeunesse foutant en l'air le vieux conformisme d'avant-guerre et se jetant frénétiquement dans le consumérisme.



Blow out est nettement plus contemporain, même si le film a maintenant trente ans d'âge. L'intrigue y est plus marquée, pleine de rebondissements, et intègre aussi une romance. Tous les éléments d'un film grand public, en somme. Le film, à l'époque, reçut pourtant une critique très mitigée, du fait de sa conclusion, effectivement surprenante et à l'inverse même des happy endings appréciés d'Hollywood. A part cette fin, extrêmement romantique à mes yeux, le film n'a pas les mêmes revendications cinématographiques que Blow-up.


Le scénario reste concentré sur une intrigue, un personnage fort, et une action rapide et intense. On n'est plus dans la peinture d'une époque, mais dans un divertissement de belle facture, avec en premier rôle un jeune John Travolta dont la carrière stagne, et qui se donne donc à fond dans le rôle de Jack.


Le film est un excellent divertissement, qui ne tisse que peu de liens avec le Blow-Up d'Antonioni. Un superbe entertainement qui mérite encore aujourd'hui ses cinq étoiles/



Blow-Up
de Michelangelo Antonioni
avec: David Hemmings, Vanessa Redgrave, Jane Birkin,...
sortie: 1966


Blow out
de Brian de Palma
avec: John Travolta, Nancy Allen, John Lithgow,...
sortie: 1981
réédition numérique dans les cinémas en ce moment

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