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Saturday, January 12, 2013

Le Centre Pompidou de Metz

Le Centre Pompidou de Metz est complètement fou. J'ai fait un tour dans la vieille ville, j'ai vu la cathédrale. Elle est d'un jaune pisseux. En se dirigeant vers le musée, tout près de la gare, c'est le chaos. Des travaux partout font croire à une incomplète fin du monde. On vit encore dans les décombres, mais tout est bousculé. Le Centre Pompidou se dresse, entier, fini, resplendissant, entre les palissades. Le bâtiment est futuriste, sensuel dans ses courbes et frigide dans sa chromatie blanche. Il est silencieux, il n'y a personne. Au café 333, j'ai mangé frugalement, j'ai bu un vin de Moselle étonnament bon. Il y avait dans cette alcôve des voix, celles d'une province éteinte. Je me suis sentie VRP en tournée. La bulle qui entoure le bâtiment des expositions n'est qu'une façade, qui cache l'ouverture culturelle offerte à la ville de Metz.

Première exposition, dernier étage, des photos. Une unique salle, gigantesque, ouverte, est plongée dans l'obscurité. On découvre les oeuvres à l'aide d'une lampe de poche. Les images, on s'en fiche vite. Peu importe ce que l'on voit, l'important est de découvrir, de diriger sa lumière sans anticiper du regard. L'ambiance est quasi mystique, silencieuse. Certains comblent le vide, ou leur peur du noir, en moulinant sauvagement, sans s'arrêter, la batterie manuelle de leur lampe.



La seconde exposition ne se regarde pas plus. Elle est, au-delà du visuel, un concept. L'artiste ne la réalise pas, il l'a imaginée, puis a laissé de petites mains laborieuses faire leur travail directement sur les murs. Pas de surface parasite entre le support et la peinture: le mur est l'oeuvre, destiné au lieu seul, et promis à la destruction. On déambule parmi des lignes droites et des courbes, plus ou moins serrées, plus ou moins penchées, plus ou moins grisées. L'espace est gigantesque, le plafond blanc et clair. On est dans une perpétuelle lumière qui contraste bien avec la nuit à l'étage supérieur. D'un côté comme de l'autre, les vitres ouvrent sur Metz et ses alentours; les panoramas colorés rappellent la terne vie de l'extérieur, en contradiction avec les nuances de gris de l'esprit.


Redescendue au rez-de-chaussée, j'ai juste parcouru l'exposition concernant Parade, ballet à l'initiative de Jean Cocteau et d'Erik Satie, auquel a aussi pris part lors de sa conception Picasso. La mise en scène labyrinthique de l'exposition était bien pensée, mais après l'éblouissement des autres sales, le ballet fou m'a paru vieillot. A 16h enfin, le Centre Pompidou de Metz commençait vaguement à se remplir.


Frac forever, jusqu'au 25 février 2013
Sol LeWitt. Dessins muraux de 1968 à 2007, jusqu'au 29 juillet 2013
Parade, jusqu'au 18 mars 2013

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