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Tuesday, January 8, 2013

Le monde de Charlie, de Stephen Chbosky

Charlie, en entrant en high school,  s'apprête à vivre plus de trois mille jours dans l'angoisse. Ce qui s'est passé cet été n'est pas simple à gérer; ni ce qu'il a vécu l'année précédente. Il tente toutefois de calmer son anxiété en écrivant des lettres à son moi fictif. Cette année scolaire se révèle néanmoins pas si catastrophique que ça, quand Charlie rencontre Patrick et Sam, frère et sœur, qui l'intègrent à leur petit groupe. Ils assument leur condition de freaks dans leur dernière année d'études avant la fac et leur amitié soutient Charlie.

Le monde de Charlie est un joli film sur le passage à l'âge adulte, mais bizarrement destiné aux plus jeunes, ceux qui justement sont en âge, je crois, de basculer. Je me suis sentie bien vieille lors de cette séance. Le film n'a pas réveillé en moi de nostalgie, plutôt la douleur de la perte de cette naïveté heureuse qui nous tient à un moment donné. Les personnages rêvent, vivent à 200% chaque amitié, et le moindre souci prend aussi des proportions faramineuses. Je suis contente d'avoir, dans ma vie personnelle, dépassé cette étape, et de savoir prendre du recul; de ne plus me mettre égoïstement au centre de chaque catastrophe; j'ai appris à relativiser. C'est aussi ce qui s'appelle, plus péjorativement, "être blasé". Il y a donc du bon comme du mauvais, à acquérir un peu de sagesse, et un peu d'âge. Le mauvais, c'est que j'ai su exactement ce qui se passait dans la tête de chacun de ces jeunes personnages.


Il y a évidemment ce très touchant twist final, qui surélève un peu le niveau. Charlie n'est pas, comme on s'en doute dès le début, qu'un pauvre souffre-douleur un peu trop geek. Il a souffert de réelles douleurs, de celles qui auraient dû le rendre cynique, et le plonger sans transition, non pas à l'âge adulte, mais dans la vieillesse, sans transition. Mais ce bouleversement final ne vient qu'en bout de couse, et avant cela, la majorité du film se déroule dans l'insouciance de la jeunesse. A trop jouer sur le mystère du passé de Charlie, Le monde de Charlie oublie un peu d'être sérieux. Ce sera un beau film culte, peut-être au même titre que Eternal sunshine of the spotless mind, de Michel Gondry, pour une certaine génération, réduite, mais je crains que le film ne dépasse pas un certain créneau d'âge.


Au-delà de ça, j'ai drôlement envie de suivre la destinée des deux très jeunes acteurs que sont Emma Watson et Ezra Miller. J'ai cherché où j'avais déjà vu le visage de la première, avant de percuter qu'elle avait joué dans Harry Potter - que je n'ai pas vu. Quand à Ezra Miller, je me suis rendue compte qu'il n'avait lui aussi qu'à peine plus de vingt ans - oui, ceci est un message "vieille conne", décidément - alors que depuis We need to talk about Kevin, je le voyais beaucoup plus âgé. Ce sont souvent des acteurs de trente ans ou presque qui interprètent des adolescents. Là, finalement, les comédiens ne sont pas si loin de leurs personnages, et s'ils paraissent plus vieux, c'est que leurs rôles sont lourds à porter.


Je veux bien revoir le même film, quand tout le monde aura pris un peu des années dans la tronche, depuis les scénaristes jusqu'aux interprètes.


Le monde de Charlie
de Stephen Chbosky
avec: Logan Lerman, Emma Watson, Ezra Miller,...
sortie française: 02 janvier 2013

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