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Wednesday, October 27, 2010

Waking sleeping beauty, de Don Hahn

The Walt Disney Company est née en 1923 avec, non pas une petite souris, mais la série Alice comedies et Oswald, The lucky rabbit. En 1928, Mickey Mouse est la première animation synchronisée avec du son. Walt Disney meurt en 1966, suivi en 1971 par son frère et co-fondateur de l'entreprise. The Walt Disney Company s'est alors largement diversifiée, de la télévision au film "live" en passant par les parcs d'attraction. Le département animation, The Walt Disney pictures, en 1984, est le plus faible face à l'OPA qui est lancé sur The Walt Disney Company. Michael Eisner est nommé à la tête de l'entreprise, avec Frank Wells au poste de directeur financier par le neveu de Walt Disney, Roy Edward Disney. Jeffrey Katzenberg, aujourd'hui à la tête de DreamWorks Animation, fut amené à la tête de The Walt Disney Pictures également cette année-là. La décennie qui suit voit naître plusieurs chef-d'œuvre des célèbres studios d'animation, malgré la houle des changements de l'entreprise suit à cette OPA, et des prises de bec à la direction des studios. 



Ce documentaire regorge en particulier d'images d'archives des studios de Burbank, en Californie, dans un délire de moustaches très années 80, de pull-over et de bonne humeur toute caractéristique du petit monde de l'animation. Dans un apparent désordre de feuilles de papier, de mines de crayon, de fêtes à la margherita ou de reconstitutions grandeur nature d'Apocalypse now, les animateurs bossent comme des fous, poussés par une réelle passion et l'envie de participer au rêve de Walt Disney... Les images partagent autant de joie que de tensions; les animateurs, décorateurs, ceux qui participent au gouachage, à l'encrage, etc, sont nommés en tant qu'artistes et réagissent difficilement aux changements de direction, aux déménagements des locaux, relégués loin des autres départements. L'animation apparaît comme un gouffre financier, où de grands enfants, qu'ils aient la soixantaine et aient connu Walt Disney, ou qu'ils sortent plein de rêves de l'école à vingt ans, se disputent d'abord l'art et la manière, se partagent les talents et finissent par réussir à faire les succès qui ont donné à The Walt Disney Company son image de précurseur de l'animation.


Le film démarre et se termine avec les habituels discours, cette fois-ci filmés, de remerciement aux équipes, présentés pendant la première du Roi lion en  1994, juste avant la démission de Jeffrey Katzenberg. Ce dernier, ainsi que Roy Edward Disney et Michael Eisner, entre de nombreux autres, commentent les images et ces années mouvementées au sein de la Walt Disney Company. L'accumulation de faits et de noms déroute un peu, et les images, aux couleurs passées, sont parfois brouillonnes, surtout quand Don Hahn juge bon de les superposer en semi-transparence et longs fondus tant il souhaite en montrer. Cependant, pour qui s'intéresse à l'histoire de l'animation, le documentaire est tout simplement indispensable. Je me suis demandé combien de personnes dans la salle travaillaient dans le milieu de l'animation; a priori, j'aurai répondu 100% tant ce milieu regorge de passionnés, capable de vivre 24h/24 dans leur job tout comme ces fous présentés à l'écran.


Le plus beau à voir est le geste de l'animateur feuilletant ses dessins avant d'ajouter un trait au dernier; et on plonge entièrement dans les productions de Basil of Baker Street et ses caricatures, Who framed Roger Rabbit, The Beauty and the Beast - fiou, cette animation noir et blanc work in progress, présentée en avant-première au New York Film Festival en 1991, quelqu'un sait-il où le trouver? -, The little mermaid - probablement le dessin animé que j'aurais le plus vu dans ma vie d'enfant, Aladdin, The King Lion,... Le processus est tout à fait passionnant.


Une belle part du film se concentre également sur les chansons composées par Howard Eliott Ashman et la place que le musicien a pris sur chaque film auquel il a participé. The Walt Disney Company est en effet avant tout une entreprise s'appuyant sur les hommes qui l'ont menée, et le département animation est fondé sur les liens entre les gens. Évidemment, ces liens induisent guerres intestines, mesquineries et trahisons. Le documentaire semble un peu prendre parti contre Jeffrey Katzenberg, trop sous les feux des projecteurs, trop vite demandeur du poste de Frank Wells, mort brusquement dans un accident d'hélicoptère en 1994.


Je retiens plutôt du documentaire de Don Hahn ce qu'on savait déjà aussi, mais qui est toujours beau à voir: l'élan créatif de petites mains, des artistes qui, en dépit des remous à la tête de l'entreprise, ne cherchent qu'à travailler sur les plus belles productions d'animation de l'époque.


Waking sleeping beauty
de Don Hahn
sortie française: 06 octobre 2010


ps: et je vous rappelle que si vous allez voir une séance chez MK2, vous avez une entrée pour l'exposition Brune/Blonde à la Cinémathèque française... Comme, à Paris, le film n'est diffusé qu'au MK2 Parnasse, autant en profiter et faire d'une pierre deux coups.

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